Stress

Stress dans le couple : comprendre les tensions et mieux communiquer

Lorsque le stress dans le couple s’installe, et cela finit presque toujours par arriver à un moment ou à un autre…, il peut progressivement modifier la manière dont deux personnes communiquent, réagissent et se soutiennent au quotidien.

Les causes sont multiples et même si elles sont très différentes, elles déclenchent le même processus de tension interne :

  • une période professionnelle difficile,
  • un événement familial douloureux,
  • un problème de santé inquiétant,
  • une difficulté financière préoccupante
  • ou un changement de vie radical,

sont autant de raisons (et la liste n’est bien entendu pas exhaustive) pouvant fragiliser l’équilibre relationnel.

Le stress n’est alors pas seulement une expérience individuelle, car il peut, et c’est généralement le cas, devenir une dynamique à deux.

Comprendre ces mécanismes permet non seulement d’éviter que les tensions ne s’installent durablement, mais également d’identifier des leviers concrets permettant de préserver la qualité de la relation au sein du couple.

C’est la raison pour laquelle cet article est principalement orienté vers la communication interpersonnelle, même si apprendre à mieux gérer son stress et ses émotions est également une piste à explorer (voir à ce propos notre formation en ligne et à distance).

Le couple comme espace de sécurité… ou de tension

Dans une relation amoureuse, le ou la partenaire peut représenter une source importante de soutien émotionnel.

En effet, pouvoir parler de ses difficultés, être écouté·e sans jugement ou simplement sentir que l’on peut compter sur quelqu’un contribue très largement à créer un sentiment de sécurité.

Mais cette fonction de soutien peut être mise à mal lorsque le stress devient important.

Cela, car une personne épuisée, aussi bien physiquement qu’émotionnellement, peut avoir moins de disponibilité pour écouter l’autre, et de ce fait réagir de façon plus vive, et notamment agressive, à une remarque même si elle semble insignifiante.

De son côté, son ou sa partenaire peut interpréter cette distance comme un manque d’attention ou d’affection.

Un cercle vicieux peut alors se créer, car le stress réduit la disponibilité relationnelle, et cette réduction d’attention à l’autre génère de l’incompréhension, puis l’incompréhension augmente à son tour le stress.

Pour éviter de rester dans ce cercle vicieux et vicié, il est donc indispensable de distinguer la personne de son état émotionnel du moment.

Ainsi, il est plus facile de comprendre qu’une réaction inhabituelle ne traduit pas nécessairement un désintérêt pour la relation.

Elle peut être simplement la conséquence d’une surcharge mentale ou cognitive changeant alors l’attitude et les comportements de l’autre, et par ricochet du couple.

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Les attentes implicites

Lorsque l’on parle de stress dans le couple, il est important d’indiquer que de nombreuses tensions apparaissent autour d’attentes qui n’ont jamais réellement été formulées.

Vous voulez des exemples pour illustrer notre propos ?

En voici :

  • Qui doit prendre l’initiative lorsque l’autre va mal ?
  • Faut-il proposer des solutions ou simplement écouter ?
  • Quelle place accorder au temps passé ensemble lorsque l’un·e des deux traverse une période difficile ?
  • Comment répartir les tâches quotidiennes lorsque les ressources de chacun·e diminuent ?…

Cela vous parle ?

Ces questions peuvent sembler évidentes, et pourtant les réponses peuvent considérablement varier d’une personne à l’autre, et même d’une période à l’autre.

Ainsi, une personne peut attendre du réconfort quand elle exprime une difficulté même passagère, tandis que l’autre pense bien faire en proposant immédiatement des solutions à adopter immédiatement.

Nous avons tous déjà donné des conseils sans qu’ils soient demandées, n’est-ce pas ?!

Le problème survient lorsque ces attentes implicites sont interprétées, de manière étonnées, comme des preuves d’amour ou de désintérêt.

C’est le fameux :

  • « Si tu m’aimais, tu saurais ce dont j’ai besoin sans avoir à te le dire ».

Or, personne, à part peut-être un·e voyant·e… et encore, ne peut deviner systématiquement les besoins émotionnels de l’autre.

Le pouvez-vous sans vous tromper ?

Cela serait très étonnant, mais si c’estest le cas, n’hésitez pas à laisser votre commentaire à ce sujet en bas de page, car cela serait fort intéressant pour nous tou·te·s !

La solution, disons plus universelle, serait ici de mettre des mots sur ces attentes afin de passer d’une logique de reproche à une logique de coopération.

Ce qui, par exemple, pourrait donner :

  • « De quoi as-tu besoin de ma part en ce moment ? » est souvent plus constructif que « Tu ne me soutiens jamais ».

La communication et le stress

Il est relativement facile de comprendre que le stress influence directement la communication interpersonnelle, mais qu’une mauvaise communication peut également générer un stress important.

Cela, car sous tension, c’est-à-dire sous stress, l’attention se réduit, la patience diminue et les messages peuvent être interprétés, généralement inconsciemment, plus négativement.

La conséquence est alors potentiellement la suivante : même une phrase neutre peut être perçue comme une critique négative, donc heurtant celui ou celle qui la reçoit.

De plus, la communication devient également plus réactive, ce qui signifie que :

  • l’on répond avant même d’avoir réellement écouté,
  • on généralise en utilisant des termes radicaux comme « toujours » ou « jamais »,
  • on ressort d’anciens conflits pour mieux se défendre (mais sommes-nous vraiment agressés ?), même s’ils n’ont pas grand chose à voir avec la problématique actuelle,
  • ou que l’on cherche à avoir raison plutôt que de comprendre ce qui se joue là dans cet échange plus ou moins maladroit.

La solution ici est de ralentir l’échange, c’est-à-dire de calmer le jeux (le je aussi), si possible avant que la tension augmente, car une tension qui s’installe fait automatiquement monter la « fièvre émotionnelle », ce qui est un risque de dégradation, ponctuelle ou définitive, de la relation.

Exemple

C’est le cas, par exemple, lorsque certains mots dépassent la pensée, mais viennent heurter l’autre dans ce qu’il a de plus intime.

Cette attaque personnelle et personnalisée, facile à réaliser puisque la vie privée de l’autre – et notamment ses défauts – est connue, laissera des traces parfois indélébiles dans l’histoire du couple.

C’est la raison pour laquelle il peut être préférable de dire :

  • « Je sens que je commence à m’énerver. J’ai donc besoin de faire une pause et je préfère, si tu le veux bien, que l’on reprenne cette discussion dans une heure »,

plutôt que de poursuivre jusqu’à l’escalade, conduisant ensuite à la dégringolade.

Pour le dire autrement, l’objectif n’est pas d’éviter les conversations difficiles, mais de créer des conditions, tout en conservant un climat de confiance mutuelle, dans lesquelles chacun·e peut réellement entendre l’autre.

Et pour repérer ce moment fatidique où l’on risque de perdre les pédales, apprendre à s’écouter soi-même, via des techniques de relaxation ou de sophrologie, pourrait être votre solution (là aussi, voir notre formation en gestion du stress).

Les conflits répétitifs

Vous l’avez peut-être également remarqué, certains couples ont l’impression de se disputer toujours pour les mêmes raisons.

Pourtant, cette impression peut-être fausse, puisque le sujet apparent du conflit n’est pas nécessairement le problème principal.

Par exemple, une dispute sur les tâches ménagères – ce qui est un sujet particulièrement commun à de nombreux couples – peut cacher un sentiment de ne pas être reconnu·e, voire respecté·e.

Le sujet n’est alors pas forcément une question de répartition des tâches, mais une volonté d’avoir une discussion sincère et franche sur le temps passé au travail, ce qui peut révéler au final un besoin de proximité, d’écoute, d’attention, ou encore de compréhension…

Autre exemple permettant d’illustrer là encore notre propos, un désaccord sur l’organisation des vacances peut traduire une difficulté plus profonde à prendre des décisions ensemble.

Vous voyez l’idée ?

Le sens de notre questionnement est de regarder derrière les apparences, afin d’identifier le besoin situé derrière le reproche, ce qui constitue donc la véritable piste à explorer, puisqu’elle permet potentiellement de résoudre un conflit caché restant pour l’instant à l’ombre de l’attention du couple, préférant plus ou moins consciemment d’éviter ce sujet.

Exemple

Autrement dit, plutôt que de dire :

  • « Tu ne fais jamais attention à moi »,

il est possible – et sans doute préférable, mais c’est à vous de voir – de formuler sa demande ainsi :

  • « J’ai besoin que nous ayons davantage de temps de qualité ensemble ».

Bien sûr, cette formulation, qui permet bien de voir (ou de faire entendre) ce qui se cache derrière le reproche, ne garantit pas l’accord de l’autre, mais elle rend le besoin plus compréhensible et facilite la recherche commune d’une solution.

C’est cette recherche d’alliance qui doit animer le couple, pas l’envie de défendre son pré-carré.

Ceci étant dit, lorsque les mêmes conflits reviennent malgré plusieurs tentatives infructueuses de dialogue, un accompagnement extérieur, de type coaching, conseil psychologique ou même psychothérapie, peut alors aider à sortir de ces schémas relationnels apparemment inextricables.

Le stress affectif et la peur de perdre

Le stress dans le couple peut aussi être lié à une peur de perdre la relation.

Ce sentiment arrive par exemple lors d’une période d’éloignement, d’une crise ou d’un événement douloureux susceptible de réveiller des inquiétudes importantes, souvent inconscientes :

  • peur d’être abandonné·e,
  • de ne plus être aimé·e,
  • ou de ne plus compter pour l’autre.

Ces émotions peuvent provoquer des comportements destinés à rassurer, mais qui produisent parfois l’effet inverse :

  • demandes répétées de réassurance,
  • surveillance de l’autre (donc intrusion non désirée dans son espace),
  • retrait de la relation,
  • reproches réguliers,
  • ou encore besoin de contrôler davantage les interactions.

Vous l’avez compris en lisant ce qui a précédé, l’idée est ici de regarder derrière les apprences.

Par conséquent, il est ici important de ne pas réduire ces réactions à des « défauts de caractère », car elles peuvent traduire une insécurité émotionnelle face à une situation vécue comme menaçante.

Exemple : Marc et Florence

L’exemple de Marc et Florence illustre très bien cette diversité de réactions possibles.

Après une fausse-couche, leur couple a traversé une période de stress intense.

Florence a trouvé un soutien dans une psychothérapie, qui lui a permis de travailler son vécu émotionnel et son deuil.

Alors que Marc, plus orienté vers des solutions rapides, a été accompagné par un coach en gestion du stress et des émotions.

Une solution aurait possiblement été d’aller voir un thérapeute de couple, mais comme leurs besoins n’étaient pas identiques, leurs modes d’accompagnement ne l’ont pas été non plus.

Il est également important de comprendre que cette différence ne signifiait pas qu’ils vivaient moins intensément l’épreuve, mais qu’ils avaient besoin de ressources adaptées à leur expérience personnelle.

Autrement dit, à chacun sa solution, l’important étant d’en trouver une !

Quand le stress devient une expérience à deux

Vous l’avez compris, le stress vécu par une personne a très souvent des répercussions sur son ou sa partenaire.

À ce propos, les recherches sur le stress dyadique montrent clairement que les réactions de chacun·e peuvent s’influencer mutuellement :

  • fatigue,
  • irritabilité,
  • retrait,
  • ou difficultés de communication,

peuvent progressivement affecter l’équilibre relationnel.

À l’inverse, lorsque les partenaires parviennent à exprimer leurs difficultés et à se soutenir de manière adaptée, la relation peut devenir une ressource face au stress.

Ainsi, le couple n’est donc pas seulement le contexte dans lequel le stress se manifeste, il peut (doit) aussi participer à la manière dont celui-ci est vécu et régulé, comme Florence et Marc l’ont fait.

Les outils relationnels concrets

Comme vous le savez, si vous êtes un·e habitué·e de notre blog, nous proposons aussi des outils concrets pour avancer.

Ici, plusieurs pratiques peuvent contribuer à réduire les tensions dans le couple et à restaurer un dialogue plus serein :

  • Nommer son état : « Je suis très stressé·e aujourd’hui et j’ai donc moins de disponibilité. »
  • Exprimer un besoin plutôt qu’un reproche : parler de ce que l’on ressent et de ce que l’on attend concrètement.
  • Pratiquer l’écoute active : reformuler avec ses mots ce que l’autre vient de dire avant de répondre.
  • Différer une discussion lorsque l’intensité émotionnelle est trop élevée, en convenant dès maintenant d’un moment pour la reprendre.
  • Créer des temps de connexion réguliers, même (très) courts, sans téléphone ni sujet pratique à régler.
  • Répartir les ressources et les responsabilités en tenant compte de la charge mentale et émotionnelle de chacun·e.
  • Chercher un accompagnement professionnel lorsque le stress ou les conflits deviennent difficiles à gérer seul·e.

Pour terminer, veuillez noter que le but n’est pas de construire une relation sans désaccord ni période de tension, ce qui est à notre avis impossible.

Et d’ailleurs pas enviable, car être toujours d’accord avec l’autre a forcément ses limites.

Nous envisageons ici plutôt la relation équilibrée entre deux êtres qui s’aiment (car si l’amour à disparu, pourquoi rester en couple ?) comme la capacité à traverser les difficultés sans transformer systématiquement le stress en conflit (et le conflit en encore plus de stress).

Apprendre à identifier ses émotions, à exprimer ses besoins et à écouter ceux de l’autre constitue ainsi une véritable compétence relationnelle.

Ces apprentissages, communicationnels et anti-stress, peuvent être développés grâce à nos deux formations en ligne et à distance consacrées à la communication interpersonnelle et à la gestion du stress.

Alors, vous commencez quand ?

Apprendre à mieux communiquer dans son couple

Formation en communication

Pour son couple ou pour accompagner les autres en devenant praticien·ne ou coach

Laurent Bertrel est formateur, coach, thérapeute et le fondateur d'Agoracadémie. Titulaire d'une licence en sciences humaines et sociales, d'une maîtrise et d'un master en psychanalyse, d'un master en études culturelles parcours études de genre, du DU connaissances générales de la personne âgée et d'un DU en psychopathologie de l'enfant et de l'adulte, il est aussi formé à différentes approches dont la PNL, la sophrologie, la relaxation, l'hypnose, le coaching, la méditation, les arts martiaux, etc. Auteur de plus de 40 ouvrages, dont 20 livres, il anime plusieurs formations sur Agoracadémie et répondra au message que vous allez laisser ci-dessous.

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