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Photoreading

Photoreading
L’art de photographier la lecture

INTRODUCTION : LIRE PLUS VITE TOUT EN COMPRENANT MIEUX AVEC LE PHOTOREADING – PHOTOLECTURE

Dans cet article, nous faisons le point sur ce que l’on sait réellement de cette technique américaine nommée photoreading (en français photolecture), ses principes, ses usages possibles et ses limites.

Définition courte du photoreading

Le photoreading est présenté comme une méthode de lecture rapide visant à mobiliser l’ensemble des capacités cérébrales pour traiter l’information plus vite qu’avec une lecture linéaire traditionnelle.

Qu’est-ce que la photolecture ?

Créé dans les années 1980 par l’Américain Paul R. Scheele, la photolecture se distingue des méthodes classiques de lecture qui mobilisent surtout l’hémisphère gauche.

C’est-à-dire la lecture dite consciente, logique et séquentielle.

La méthode affirme proposer un processus d’apprentissage global sollicitant à la fois les fonctions conscientes et inconscientes du lecteur ou de la lectrice, afin d’absorber puis d’activer l’information.

Les principes du photoreading

Selon ses promoteur·trice·s, le photoreading repose sur deux axes principaux :

  1. Stimuler l’hémisphère droit, associé à la perception globale, à l’intuition et à l’inconscient. Celui-ci serait capable d’encoder une grande quantité d’informations simultanément.
  2. Activer l’hémisphère gauche, afin de rendre ces informations utilisables consciemment grâce à des techniques d’activation comme le feuilletage actif, le questionnement, la relecture ciblée…

L’objectif serait d’harmoniser les deux hémisphères pour une lecture plus rapide, mais aussi plus « intelligente ».

À quoi sert le photoreading ?

Grâce aux informations ci-dessus, vous commencez à comprendre son utilité.

Pour essayer de résumer, nous pouvons dire que la méthode est présentée comme utile pour :

  • lire plus rapidement ;
  • retenir l’essentiel d’un texte volumineux ;
  • faciliter l’apprentissage continu ;
  • préparer un examen ou une certification.

Si vous avez testé la méthode, comme étudiant·e par exemple, n’hésitez pas à partager votre expérience dans les commentaires de bas de page !

Pourquoi utiliser la photolecture ?

La photolecture est généralement utilisée pour :

  • traiter une grande quantité de documents (souvent professionnels) ;
  • absorber rapidement des ouvrages spécialisés (le cas des étudiant·e·s) ;
  • accélérer un travail de recherche ou de veille (à la fac ou en entreprise) ;
  • préparer un concours demandant de vastes connaissances théoriques (après la fac…).

Et le plaisir de lire alors ?

Il semble que nous soyons ici dans une toute autre démarche, celle de l’efficacité qui prévaut à toute autre aspiration.

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Pourquoi se former à la lecture rapide ?

Lire rapidement ne s’improvise pas pour tout le monde.

Vous avez peut-être, comme moi, testé la lecture rapide, et vous avez peut-être ressenti cette sensation de passer à côté de quelque chose, voire même de l’essentiel…

Aussi, suivre une formation peut vous aider notamment à :

  • pratiquer la méthode de manière structurée, donc sans improviser et alors louper l’essentiel ;
  • appliquer les étapes proposées qui sont brièvement les suivantes : préparation, photolire, activation ;
  • s’exercer dans un cadre accompagné afin de renforcer l’efficacité (oui, encore elle) de la méthode (pour information, il existe aujourd’hui des coachs en lecture rapide, évitant ainsi une formation de type stage).

Limites et mise en garde

Il est important de souligner que, à notre connaissance :

  • aucune preuve scientifique* solide ne confirme que cette méthode permette réellement de lire un livre « en quelques minutes » comme certaines présentations peuvent le laisser penser ;
  • le photoreading ne remplace pas la compréhension approfondie, l’étude active ou la relecture analytique, mais cela ne semble pas être l’objectif premier de la méthode ;
  • les bénéfices peuvent varier fortement d’une personne à l’autre, ce qui est logique, puisque nous sommes tous et toutes différent·e·s.

*Mais si vous avez des éléments scientifiques à proposer, n’hésitez pas à en laisser les sources dans les commentaires !

Pour aller plus loin

  • Paul R. Scheele, (traduit de l’anglais par Christian Faivre Delord), Lire à toute vitesse: et bien mémoriser avec la PhotoLecture, InterEditions, 2010.

Et pour découvrir d’autres définitions de méthodes de développement personnel ou professionnel, thérapeutiques ou de médecines douces, nous vous invitons à vous rendre dès maintenant dans notre dictionnaire en ligne des thérapies alternatives !

Mon avis

Personnellement, j’ai tendance à penser qu’en lisant « trop » vite, on passe à côté de l’essentiel.

Mais au-delà de cet avis superficiel, essayons d’entrer un peu plus dans les rouages de la méthode.

Le photoreading repose sur l’idée qu’il serait possible d’absorber une grande quantité d’informations en un temps très réduit, parfois sans lecture consciente approfondie.

Cependant, cette promesse entre en tension avec les connaissances issues des sciences cognitives, qui soulignent l’importance de l’attention, de l’élaboration et de la répétition pour une compréhension durable.

Ainsi, possiblement, la méthode tend à confondre l’exposition rapide à un contenu avec sa compréhension réelle.

Or, reconnaître des éléments familiers ou avoir l’impression de « savoir de quoi il s’agit » ne signifie pas nécessairement être en mesure de mobiliser ces connaissances de manière structurée et critique.

Ainsi, les effets rapportés par les pratiquant·e·s du photoreading semblent en grande partie liés à des mécanismes d’auto-suggestion, de motivation accrue et de focalisation de l’attention.

Ces facteurs peuvent certes améliorer l’engagement dans l’apprentissage, ce qui est forcément efficace, mais sans pour autant valider les hypothèses centrales de la méthode.

D’autre part, en valorisant la rapidité et l’efficacité, la méthode s’inscrit dans un modèle de performance cognitive qui peut s’avérer inadapté à certains types de contenus.

Notamment ceux qui nécessitent de la réflexion, de la nuance et une élaboration conceptuelle approfondie.

Par exemple, lire Lacan, comme je le fais en ce moment…

Une autre limite potentielle peut alors pointer le bout de son nez : lorsque les résultats promis ne sont pas au rendez-vous, la responsabilité est souvent implicitement reportée sur l’utilisateur, invité à s’entraîner davantage ou à ajuster son état mental, plutôt qu’à interroger les limites de la méthode elle-même.

Et vous, qu’en dites-vous ?

Fort·e de toutes ces informations, cette méthode vous semble-t-elle être un outil d’optimisation ponctuel, ou une promesse excessive face à la complexité réelle des processus d’apprentissage ?

Laurent Bertrel est le fondateur d'Agoracadémie. Titulaire d'une licence en sciences humaines et sociales, d'une maîtrise et d'un master en psychanalyse, d'un master en études culturelles parcours études de genre, du DU connaissances générales de la personne âgée, il est aussi formé à différentes approches dont la PNL, la sophrologie, la relaxation, l'hypnose, le coaching, la méditation, les arts martiaux, etc. Auteur de plus de 40 ouvrages, dont 18 livres, il anime plusieurs formations sur Agoracadémie et répondra au message que vous allez laisser ci-dessous.

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