Premier livre : Laurence Azar transforme l’écriture intime en mouvement créatif
Dans cette interview, nous avons le très grand plaisir de donner la parole à Laurence Azar, ancienne stagiaire de notre formation en créativité, qui vient de publier son premier livre, Gouttes de pensées.
À travers cet échange sincère et inspirant, elle revient sur son parcours d’écriture, les doutes traversés, le syndrome de l’imposteur, mais aussi sur le rôle essentiel qu’a joué la créativité dans la naissance de ce projet littéraire.
Une rencontre précieuse pour toutes les personnes qui rêvent d’écrire un premier livre sans encore oser franchir le pas.
Nous la remercions ici pour ce beau témoignage.
Présentation de Laurence Azar
Docteure en Lettres et professeure au Liban, Laurence Azar explore depuis longtemps les territoires sensibles de l’écriture, des émotions et de l’intuition.
À travers une poésie à la fois délicate et profonde, elle capte les fragments invisibles du quotidien pour leur donner une résonance universelle.
Elle témoigne ici du chemin parcouru entre l’écriture intime, longtemps gardée pour elle, et la naissance de son premier livre.
Son parcours illustre avec justesse la manière dont la créativité peut devenir un espace d’expression, de transformation et de confiance en soi.
Présentation de son premier livre
Avec Gouttes de pensées, Laurence Azar signe un premier livre sensible et habité, où chaque texte agit comme une trace laissée dans le temps.
Entre poésie, introspection et méditation sur notre époque, ce recueil explore les blessures visibles ou silencieuses, les contradictions humaines, mais aussi cette force intérieure qui permet de continuer à avancer.
Son écriture, tour à tour caresse et scalpel, transforme les émotions en images puissantes et les instants fugaces en matière poétique.
À travers ces fragments de vie, Laurence Azar invite ses lecteurs et lectrices à ralentir, ressentir et reconnaître en eux-mêmes l’écho de ces « gouttes de pensées ».
L’interview
Avant de suivre cette formation en créativité, quel était votre rapport à l’écriture et à la création ?
Avant cette formation, l’écriture faisait déjà partie de moi, mais je la gardais souvent dans un espace intérieur, presque intime. J’écrivais par fragments, par élans, par nécessité parfois, sans forcément oser donner une forme concrète à ce que je portais. La création était là, mais elle était retenue, comme si elle attendait une autorisation. J’avais des idées, des images, des phrases, mais je ne savais pas toujours comment les accueillir ni comment leur donner une place réelle dans ma vie. Cette formation m’a permis de comprendre que créer n’est pas seulement produire quelque chose : c’est aussi se reconnecter à une partie vivante de soi.
À quel moment avez-vous senti que vous aviez réellement « un livre en vous » ?
Je crois que je l’ai senti lorsque j’ai compris que mes textes n’étaient pas seulement des pensées isolées, mais qu’ils formaient un univers. Il y avait une cohérence entre eux, une voix, une manière de regarder le monde. À force d’écrire, j’ai réalisé que je ne cherchais pas seulement à exprimer des émotions, mais à transmettre quelque chose : une façon de penser, de ressentir, de traverser les silences et les contradictions humaines. Le livre était déjà là, en fragments. Il fallait simplement que j’accepte de le rassembler.
Y a-t-il eu un exercice, une prise de conscience ou un déclic pendant la formation qui a changé votre manière de créer ?
Le déclic a été de comprendre que la créativité ne dépend pas uniquement de l’inspiration. Elle se travaille, elle se provoque, elle se protège. J’ai compris qu’il fallait arrêter d’attendre le moment parfait, l’idée parfaite, la phrase parfaite. Un exercice, une consigne, un cadre peuvent parfois ouvrir une porte inattendue, ainsi que d’autres moyens ou outils comme le retour au calme, la respiration lente et profonde, les cartes mentales et un cadre spécifique. Cette formation m’a permis de sortir d’une forme d’exigence paralysante. J’ai appris à créer d’abord, à juger ensuite. Et surtout, à faire confiance au processus.
Quels ont été les principaux obstacles que vous avez rencontrés au moment d’écrire votre premier livre ?
Le premier obstacle a été le doute. Le doute sur la légitimité : qui suis-je pour publier un livre ? Le doute sur l’intérêt : est-ce que ces textes toucheront quelqu’un ? Il y avait aussi la peur de l’exposition. Publier, c’est accepter qu’une partie de soi circule hors de soi, qu’elle soit lue, interprétée, peut-être incomprise. L’autre difficulté était de passer du rêve à la structure : organiser, relire, choisir, renoncer à certains textes, donner une forme finale à quelque chose de très intime.
Comment avez-vous réussi à dépasser les doutes ou le syndrome de l’imposteur pendant le processus d’écriture ?
Je ne suis pas sûre qu’on dépasse totalement les doutes. On apprend plutôt à avancer avec eux. J’ai compris que le syndrome de l’imposteur n’était pas forcément un signe d’illégitimité, mais parfois le signe que l’on ose franchir un seuil important. J’ai essayé de ne pas attendre de me sentir parfaitement prête. J’ai avancé par petites étapes, en me rappelant que ce livre n’avait pas besoin d’être parfait pour exister. Il devait être vrai. Et cette vérité-là m’a portée.
Pouvez-vous nous présenter votre livre : son thème, son intention et ce que vous souhaitez transmettre aux lecteur·trice·s ?
Gouttes de pensées est un recueil de fragments, de réflexions et de textes courts autour de l’humain, de ses émotions, de ses silences, de ses blessures, mais aussi de sa force intérieure. C’est un livre qui parle de ce que l’on ressent parfois sans parvenir à le dire. Son intention est d’ouvrir un espace de résonance : permettre au lecteur de se reconnaître dans une phrase, une image, une pensée. Je voulais transmettre l’idée que les mots peuvent éclairer, apaiser, réveiller. Qu’une pensée, même petite comme une goutte, peut créer une onde.
En quoi la créativité a-t-elle joué un rôle concret dans la naissance de ce projet ?
La créativité a été le fil conducteur du projet. Elle m’a permis de transformer des émotions, des observations et des intuitions en matière littéraire. Elle a aussi joué un rôle dans la manière de construire le livre : choisir le rythme, les respirations, l’ordre des textes, l’atmosphère générale. La créativité m’a aidée à ne pas enfermer mes pensées dans une forme trop rigide. Elle m’a permis de garder quelque chose de libre, de sensible, presque organique. Ce livre est né de cette rencontre entre l’intériorité et la forme.
Qu’avez-vous découvert sur vous-même à travers l’écriture et la publication de ce premier ouvrage ?
J’ai découvert que j’étais capable d’aller au bout d’un projet qui me tenait profondément à cœur. J’ai découvert aussi que ma sensibilité, que j’ai parfois vécue comme une fragilité, pouvait devenir une force créative. L’écriture m’a montré que ce que l’on porte en soi peut trouver une place dans le monde, à condition d’oser lui donner une forme. Publier ce livre m’a rendue fière et heureuse, parce que j’ai eu le sentiment de retrouver une part de moi que j’avais peut-être trop longtemps mise de côté.
Quel conseil donneriez-vous aujourd’hui à une personne qui rêve d’écrire un livre mais n’ose pas se lancer ?
Je lui dirais de ne pas attendre d’être parfaitement prête. On ne commence pas un livre parce qu’on a toutes les réponses, mais parce qu’on accepte d’entrer dans un chemin. Il faut écrire, même imparfaitement, même par fragments, même dans le doute. Il faut aussi arrêter de se demander trop tôt si ce sera « assez bien ». La première fidélité, c’est envers ce que l’on porte. Le reste se travaille ensuite. Un livre commence souvent par une petite phrase que l’on a enfin le courage de ne pas laisser disparaître.
Maintenant que ce premier livre est publié, quels sont vos prochains projets ou envies créatives ?
Aujourd’hui, j’ai envie de continuer à faire vivre Gouttes de pensées, à travers des lectures, des rencontres, peut-être des formats visuels ou sonores autour des textes. J’aimerais explorer davantage le lien entre écriture, image, voix et émotion. Ce premier livre a ouvert une porte : il m’a redonné confiance dans mon élan créatif. J’ai envie de continuer à écrire, mais aussi de créer des espaces où les mots deviennent expérience, partage et transmission. Ce n’est pas seulement la fin d’un projet, c’est le début d’un mouvement.
Pour résumer et pour découvrir le livre
Nous adressons toutes nos félicitations à Laurence Azar pour la publication de ce premier livre profondément sincère et inspirant.
Son parcours montre combien la créativité peut ouvrir des portes lorsque l’on ose faire confiance à sa voix intérieure et dépasser le doute.
Nous la remercions également pour la qualité et la profondeur de ses réponses dans cette interview, qui éclairent avec beaucoup d’authenticité le processus de création d’un premier ouvrage.
Nous lui souhaitons un très beau succès pour Gouttes de pensées et pour ce mouvement qu’elle vient de créer autour des mots, de l’émotion et du partage.
→ Le recueil Gouttes de pensées est disponible en librairie en ligne notamment sur le site de la FNAC.

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