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Qu’est-ce que la bigorexie : comprendre cette addiction au sport

Qu'est-ce que la bigorexie et quel rapport avec la dysmorphie musculaire ?
Cette image vous parle ? Alors, lisez vite cet article !

Qu’est-ce que la bigorexie ? Si vous vous êtes déjà demandé si votre passion pour le sport pouvait devenir un problème, cet article est fait pour vous !

Ici, nous allons définir ce qu’est la bigorexie, la différencier d’une simple passion sportive, comprendre pourquoi il faut être vigilant·e, et explorer les solutions pour en sortir.

Vous trouverez également des pistes de lecture et une FAQ pour répondre à vos questions concrètes.

Vous pouvez aussi laisser votre question dans les commentaires.

Qu’est-ce que la bigorexie ?

La bigorexie, apparentée à la dysmorphie musculaire*, est un trouble comportemental qui pousse à pratiquer le sport de manière excessive, malgré les risques physiques et psychologiques.

Contrairement à une routine sportive saine, la bigorexie relève de l’addiction au sport.

En effet, la personne ne peut plus se passer de ses entraînements et ressent une anxiété ou une culpabilité intense lorsqu’elle ne s’entraîne pas.

Le terme a été introduit pour décrire un phénomène observé principalement chez les hommes, souvent préoccupés par leur musculature, mais il peut concerner toute personne, quel que soit son genre.

La bigorexie se manifeste notamment par :

  • un temps disproportionné consacré à l’entraînement,
  • une obsession pour la masse musculaire ou pour la forme physique,
  • des rituels alimentaires stricts (voir aussi orthorexie**),
  • un isolement social lié au temps consacré au sport.

En résumé, si la pratique sportive est censée améliorer la santé et le bien-être, la bigorexie transforme le sport en contrainte psychologique et physique, voire en danger pour soi-même.

* La dysmorphie musculaire est un trouble psychologique où la personne perçoit son corps comme insuffisamment musclé, malgré une musculature normale ou supérieure à la moyenne. Elle se traduit par une obsession pour l’entraînement et l’apparence physique. Pour aller plus loin, je vous invite à lire l’article « Muscle dysmorphia: current insights » (c’est en anglais, mais vous pouvez le traduire via votre navigateur Internet).

** L’orthorexie est un trouble alimentaire caractérisé par une obsession pour la pureté et la qualité de l’alimentation, au point que le choix des aliments devient rigide et envahissant. Contrairement à d’autres troubles alimentaires, elle se concentre moins sur la quantité que sur la « qualité parfaite » apportant une « santé parfaite » perçue des aliments.

Pas envie de lire l’article ? Alors, écoutez-le sur YouTube en podcast !

En quoi est-ce différent d’une passion sportive ?

Il peut être difficile de distinguer passion et addiction.

En effet, beaucoup de sportif·ve·s investissent énormément de temps et d’énergie dans leur pratique sans être malades.

Alors, où se situe la limite ?

Une passion sportive nourrit, structure et réjouit la personne.

Elle peut demander de la discipline, mais elle reste flexible.

Par contre, la bigorexie est dévorante, au propre comme au figuré, puisqu’elle impose un rythme et des contraintes qui prennent le pas sur la vie sociale, familiale et professionnelle.

En pratique, la différence réside dans le contrôle :

  • la passion laisse le choix,
  • l’addiction impose le besoin.

Même lorsque le corps ou l’entourage envoie des signaux de danger, la personne dite bigorexique continue à s’entraîner.

Pourquoi faut-il être vigilant·e ?

La vigilance est cruciale, car la personne concernée ne voit souvent pas le danger.

Cela, car la bigorexie se camoufle sous l’apparence d’une simple motivation ou d’un désir de performance très (trop ?) encouragé par notre société (certain·e·s parlent alors d’une « addiction positive », encourageant à ne rien changer… Ce piège, forme d’injonction collective à la réussite, est évitable en en prenant conscience et, si nécessaire, en travaillant sur soi).

Ainsi, on peut alors facilement penser : « Je suis juste passionné·e, je veux progresser. »

Pourtant, derrière cette rationalisation se cache une dépendance comportementale.

Écouter son entourage est ici fondamental !

Car, contrairement à la personne concernée, les proches ont le recul nécessaire pour percevoir les conséquences de l’addiction, à savoir :

  • une fatigue chronique,
  • des blessures répétitives,
  • un isolement social,
  • une anxiété
  • une dépression, etc.

Reconnaître ces signaux et en parler à un·e professionnel·le de santé est la première étape vers la prise de conscience et l’action.

Restons critique

Il est important de rester critique face au terme « bigorexie ».

Même s’il s’agit bien d’une addiction comportementale, le danger reste, dans la plupart des cas, moins extrême que d’autres addictions sévères (alcool, tabac, drogues dures).

Par ailleurs, le mot est de plus en plus galvaudé.

Aujourd’hui, on entend parler de personnes « addictes aux pizzas » ou « addictes au café », ce qui banalise le terme addict.

De plus, s’auto-diagnostiquer peut être trompeur et inutilement anxiogène.

Le mieux reste de consulter un·e médecin ou un·e psychologue dès qu’il y a un doute, même minime.

Cela évite la pression inutile (s’il n’y a pas de conduite addictive) ou évite le danger de s’enfermer dans le piège invisible de l’addiction.

Êtes-vous bigorexique ? Les questions à se poser

Pour évaluer votre rapport au sport, posez-vous donc dès maintenant les questions suivantes :

  • Est-ce que je ressens de l’anxiété, de la culpabilité ou de la colère lorsque je manque un entraînement ?
  • Ma pratique sportive impacte-t-elle mes relations, mon travail ou mes études ?
  • Est-ce que je suis prêt·e à continuer de pratiquer mon sport malgré la douleur ou les blessures ?
  • Mon alimentation est-elle rigidement contrôlée pour optimiser mes performances ou mon apparence ?
  • Le sport est-il devenu ma priorité absolue, au détriment d’autres aspects de ma vie ?

Si la réponse est « oui » à plusieurs de ces questions, il est temps de consulter un·e professionnel·le pour évaluer si vous êtes dans une situation de bigorexie.

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Comment sortir de la bigorexie ?

Plusieurs approches sont possibles pour en sortir, chacune ayant ses avantages et ses limites.

Coaching sportif ou en développement personnel

Lorsque l’addiction n’est pas encore complètement installée, une nouvelle organisation peut tenter de prendre sa place.

Le coaching peut alors aider à rééquilibrer la pratique sportive, définir des objectifs réalistes et travailler sur la motivation ou encore sur la gestion du temps, voire du stress.

Avantages : action rapide, approche pratique, suivi régulier.

Limites : peut être insuffisant si l’addiction est déjà enracinée et si des troubles psychologiques sous-jacents existent.

Psychothérapie cognitivo-comportementale (TCC)

La TCC permet de modifier les pensées et les comportements problématiques liés au sport, de gérer l’anxiété, le stress et de rétablir un équilibre.

Avantages : méthode structurée, résultats mesurables, efficace sur l’addiction comportementale.

Limites : demande de l’engagement et de la régularité, les changements peuvent prendre plusieurs mois.

Psychanalyse

La psychanalyse explore les causes profondes de l’addiction, souvent liées à l’estime de soi, aux conflits inconscients ou aux traumatismes.

Avantages : compréhension en profondeur, approche personnalisée.

Limites : processus long, parfois coûteux, moins orienté vers des solutions immédiates.

Chaque personne est unique, et une approche combinée peut être la plus efficace pour vous.

Quels sont les livres sur le sujet ?

Le champ des publications sur la bigorexie reste récent.

Quelques ouvrages explorent les aspects psychologiques et pratiques de cette addiction.

Dans les prochains mois, je publierai deux livres sur le sujet :

  • Un guide pratique orienté coaching, destiné à ceux qui cherchent à retrouver un équilibre sportif et à mieux gérer leur motivation.
  • Un ouvrage de psychanalyse, explorant les possibles racines psychiques de la bigorexie et les dynamiques inconscientes à l’œuvre.

Ces deux approches complémentaires permettront de mieux comprendre et de traiter la bigorexie selon vos besoins et votre profil.

FAQ qu’est-ce que la bigorexie ?

La bigorexie touche-t-elle seulement les hommes ?

Non, bien que majoritairement observée chez les hommes, elle peut concerner toutes les personnes, quel que soit leur genre.

Est-ce que se sentir coupable après un jour sans sport signifie que je suis bigorexique ?

Pas nécessairement. La culpabilité ponctuelle est normale. C’est la répétition, l’intensité et l’impact sur votre vie qui peuvent signaler un problème.

Peut-on guérir complètement de la bigorexie ?

Oui, avec un suivi adapté et une prise de conscience, il est possible de retrouver un rapport sain au sport.

Quels signes indiquent qu’il faut consulter rapidement ?

Fatigue chronique, blessures répétitives, isolement social, anxiété, ou pensées obsessionnelles liées au sport, voilà les principaux signes (mais pas les seuls) devant vous pousser à consulter.

Qu’est-ce que la bigorexie ? Pour résumer

La bigorexie est une addiction au sport qui peut passer inaperçue, car elle se cache derrière la passion et la discipline.

Comprendre qu’est-ce que la bigorexie est le premier pas vers une pratique sportive saine, consciente et épanouissante.

Cette compréhension permet la vigilance, passant notamment par l’évaluation régulière de son rapport au sport, mais aussi par l’écoute de son entourage qui, par son recul, est souvent capable de mieux voir la situation problématique.

Si le problème est confirmé, les solutions incluent le coaching, la TCC et la psychanalyse, chacune offrant des perspectives différentes (souvent complémentaires) pour retrouver un équilibre.

Enfin, consulter un·e professionnel·le (pour éviter l’auto-diagnostic potentiellement erroné lorsque l’on est immergé dans son problème) dès le moindre doute reste la règle d’or.

Laurent Bertrel est le fondateur d'Agoracadémie. Titulaire d'une licence en sciences humaines et sociales, d'une maîtrise et d'un master en psychanalyse, d'un master en études culturelles parcours études de genre, du DU connaissances générales de la personne âgée, il est aussi formé à différentes approches dont la PNL, la sophrologie, la relaxation, l'hypnose, le coaching, la méditation, les arts martiaux, etc. Auteur de plus de 40 ouvrages, dont 18 livres, il anime plusieurs formations sur Agoracadémie et répondra au message que vous allez laisser ci-dessous.

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