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Chamanisme & chaman : définition d’une méthode ancestrale

Définition du chamanisme et du chaman

Le chamanisme (ou shamanisme) est sans aucun doute l’un de nos plus anciens héritages spirituels puisqu’on en trouve des traces remontant à environ 30 000 ans.

Une définition simple du chamanisme pourrait se résumer à ceci : ensemble des pratiques magiques du chaman.

Et la définition du chaman (chamane ou même shaman) à cela : prêtre magicien communicant avec les esprits en utilisant les techniques de l’extase et de la transe.

La philosophie du chamanisme

Sa philosophie invite à réunir les choses plutôt que de les séparer et affirme que tout ce qui existe est vivant donc important, digne de respect, animé par une même énergie.

Tous, êtres humains, animaux, plantes et matières, habitent la même maison qu’est la Terre et dépendent les uns des autres pour vivre et surtout pour survivre, puisque tout est relié, pour le meilleur et malheureusement aussi pour le pire…

Ce que propose le chaman

Photo d'un chaman

Le chaman propose la création d’un pont entre la raison et l’intuition en ouvrant un passage entre le monde :

  • ordinaire qui est observable grâce à nos sens,
  • non-ordinaire, domaine de l’inconscient mais également celui des esprits (entités et autres spectres des hommes et des animaux…).

Le monde ordinaire est celui de l’apparence alors que le monde non-ordinaire est celui qui prend contact avec ce qui est caché derrière l’apparence.

→ Ces deux mondes doivent-être reliés car le rejet de l’un correspond à s’amputer d’une moitié de soi-même.

La tradition chamanique

La tradition explique que le monde non-ordinaire est comme un arbre divisé en trois étages.

  1. Les racines, le monde d’en-bas : la demeure des animaux protecteurs.
  2. Le tronc, le monde du milieu : le domaine des esprits des éléments comme la terre, l’eau, le feu, l’air et le monde végétal.
  3. Le feuillage, le monde d’en-haut : la demeure des enseignants.

Comment et pourquoi passer d’un monde à l’autre ?

Le passage d’un monde à l’autre est favorisé par le son, c’est-à-dire notamment par la musique et le chant, mais aussi par l’absorption de certaines drogues comme le célèbre breuvage yagé (ayahuasca).

Attention, il s’agit là d’une boisson particulièrement remuante au sens propre (nausées, vomissements, véritable purgation) comme au sens figuré (déclencheur d’hallucinations…).

La communication est faite comme dans les rêves, d’images, de métaphores, de symboles ou encore d’histoires.

Exemple d'instruments du chaman

L’objectif de ce voyage inoubliable est d’explorer le monde non-ordinaire.

L’idée est de contacter les esprits qui l’habitent afin :

  • de partager la connaissance,
  • d’obtenir des renseignements ou de l’aide,
  • d’apprendre à capter le pouvoir chamanique capable de transformer l’énergie,

le but ultime étant de s’ouvrir enfin et pleinement à la vie.

Que disent les recherches scientifiques sur le chamanisme ?

Le chamanisme fait l’objet de recherches en anthropologie et en sciences des religions, mais sa définition suscite des débats.

Dans un article publié en 2013, l’anthropologue Charles Stépanoff examine notamment les critiques formulées par Håkan Rydving à l’encontre des notions de « chamane » et de « chamanisme ».

Pour Rydving, ces termes risquent de regrouper sous une même appellation des pratiques qui possèdent des histoires et des significations culturelles différentes, et une telle généralisation pourrait conduire à négliger les particularités des sociétés étudiées.

Stépanoff nuance cette position en montrant que la reconnaissance de figures chamaniques ne relève pas uniquement d’une classification élaborée par les chercheurs occidentaux.

Dans plusieurs sociétés sibériennes, des conceptions apparentées permettent également d’identifier des figures chamaniques chez d’autres peuples, mais aussi, dans certains contextes, chez des animaux ou des végétaux considérés comme exceptionnels.

L’auteur estime ainsi qu’il serait prématuré de renoncer à la notion de chamanisme, car celle-ci peut rester utile à la recherche, à condition de ne pas en faire une catégorie uniforme et de tenir compte des contextes culturels, historiques et sociaux propres à chaque tradition.

Autrement dit, cet article ne cherche pas à démontrer l’efficacité des pratiques chamaniques : il invite plutôt à mieux comprendre comment elles sont définies, interprétées et comparées dans les recherches scientifiques.

Référence : Charles Stépanoff, « Le chamanisme aujourd’hui : constructions et déconstructions d’une illusion scientifique », Études mongoles et sibériennes, centrasiatiques et tibétaines, 2013.

Que nous apprennent les recherches en anthropologie sur le chamanisme ?

L’anthropologue Benoît Vermander prolonge cette réflexion dans son article « Le chamanisme, le genre, l’espèce », publié en 2022 dans la revue Archives de sciences sociales des religions.

Il y examine notamment la manière dont les recherches sur le chamanisme interrogent les catégories habituelles du genre et de l’espèce.

Cette approche invite à prendre en compte la diversité des traditions chamaniques et les conceptions du monde qui leur sont propres, notamment dans la manière dont elles envisagent les relations entre les humains et les autres êtres vivants.

Elle rappelle ainsi que le chamanisme ne peut être compris comme un ensemble uniforme de croyances et de pratiques, indépendamment des contextes culturels dans lesquels il s’inscrit.

Comme le précédent, cet article relève de la recherche en sciences humaines : il contribue à la compréhension anthropologique du chamanisme, mais ne constitue pas une démonstration de l’efficacité thérapeutique des pratiques chamaniques.

Référence : Benoît Vermander, « Le chamanisme, le genre, l’espèce », Archives de sciences sociales des religions, n° 200, 2022, p. 71-82.

Bibliographie sur le chamanisme pour aller encore plus loin

  • Le chamanisme de M. Perrin aux éditions Puf.
  • Chamanisme et psychothérapie, ouvrage collectif aux éditions Albin Michel.
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FAQ sur le chamanisme

Qu’est-ce que le chamanisme ?

Le chamanisme désigne un ensemble de traditions et de pratiques spirituelles présentes dans différentes sociétés. Le chamane y occupe généralement un rôle particulier, notamment dans les rituels, la relation au monde des esprits et les pratiques de soin. Toutefois, il n’existe pas de définition universelle du chamanisme, car ses formes, ses fonctions et ses significations varient selon les cultures et les contextes historiques.

Que disent les recherches scientifiques sur le chamanisme ?

Le chamanisme est étudié notamment en anthropologie, en sciences des religions, en psychologie et en médecine. Les recherches en anthropologie soulignent la diversité des traditions chamaniques et interrogent la pertinence de les regrouper sous une seule appellation. Elles explorent également les conceptions du genre, les relations entre humains et autres êtres vivants, ainsi que la place des rituels dans différentes sociétés. Ces travaux permettent de mieux comprendre les pratiques chamaniques et leurs significations culturelles. Ils ne constituent toutefois pas, à eux seuls, une preuve de leur efficacité thérapeutique.

Le chamanisme peut-il être utilisé comme une thérapie alternative ?

Certaines personnes ont recours aux pratiques chamaniques dans une démarche de bien-être, de réflexion personnelle ou de recherche de sens. Des chercheurs étudient également leurs effets potentiels sur la santé physique et psychique. Cependant, les données scientifiques restent limitées. Une revue de la littérature publiée en 2022 conclut à un faible niveau de preuve concernant l’efficacité des pratiques chamaniques de soin. Une revue publiée en 2024 sur les états de transe chamaniques relève des pistes de recherche intéressantes, mais souligne la nécessité d’études plus rigoureuses pour confirmer leurs éventuels bénéfices. Autrement dit, le chamanisme ne peut donc pas être considéré comme un traitement médical dont l’efficacité serait établie.

Quels sont les risques et les limites des soins chamaniques ?

Les risques dépendent des pratiques proposées et de la personne qui les dispense. Il convient notamment d’être prudent face aux promesses de guérison, aux pratiques potentiellement dangereuses et aux substances psychoactives. La qualité de l’accompagnement et le respect du consentement sont également essentiels. Une pratique spirituelle peut éventuellement s’inscrire dans une démarche personnelle complémentaire, mais elle ne doit pas remplacer un diagnostic, un traitement médical ou un suivi psychologique adapté. En cas de problème de santé, il est recommandé d’en parler d’abord à un professionnel de santé.

Quelle différence entre le chamanisme traditionnel et le néochamanisme ?

Le chamanisme traditionnel s’inscrit dans les cultures, les histoires et les systèmes de croyances de sociétés particulières. Le terme « néochamanisme » désigne généralement des pratiques contemporaines qui reprennent ou réinterprètent certains éléments chamaniques, parfois en dehors de leur contexte d’origine. Ces catégories recouvrant des réalités diverses, il est important de ne pas considérer toutes les pratiques chamaniques comme équivalentes, ni de supposer qu’elles partagent les mêmes fonctions ou les mêmes effets.

Conclusion : entre ouverture culturelle et vigilance

S’intéresser au chamanisme, c’est aussi s’ouvrir à des traditions ancestrales qui proposent d’autres manières de penser le soin, le rapport au corps, à la nature et au monde.

Et en cette période où les repères sont difficiles à trouver, où le racisme et le communautarisme créent de dangereuses tensions aux conséquences potentiellement dramatiques (revoir l’histoire du siècle dernier), où la nature souffre de l’activité humaine qui ne la respecte plus, et deux ou trois choses encore, cette voie (et voix intérieure aussi) pourrait bien apporter de belles réponses à celui (ou celle) qui cherche à regarder plus loin que le bout de son nez collé à l’abrutissante télévision…

Pour le dire autrement, cette découverte peut enrichir notre compréhension de cultures différentes et permettre à certaines personnes de trouver du sens, du réconfort ou un sentiment de lien social.

Ceci dit, cette ouverture demande du discernement, car les traditions chamaniques sont diverses et ne peuvent être réduites à une pratique unique ou à une méthode thérapeutique universelle.

Ainsi, si certains rituels peuvent être vécus comme bénéfiques sur le plan personnel, leur efficacité médicale n’est pas établie par des preuves scientifiques suffisamment solides.

La prudence est donc de mise face aux promesses de guérison, aux pratiques présentant des risques ou aux personnes qui incitent à abandonner un traitement médical.

Découvrir le chamanisme peut ainsi être une démarche culturelle ou spirituelle enrichissante, à condition de respecter les traditions dont il est issu, de garder un regard critique et de ne pas confondre expérience personnelle et efficacité thérapeutique démontrée.

Dernière mise à jour de cet article le 27 octobre 2026.

Laurent Bertrel est formateur, coach, thérapeute et le fondateur d'Agoracadémie. Titulaire d'une licence en sciences humaines et sociales, d'une maîtrise et d'un master en psychanalyse, d'un master en études culturelles parcours études de genre, du DU connaissances générales de la personne âgée et d'un DU en psychopathologie de l'enfant et de l'adulte, il est aussi formé à différentes approches dont la PNL, la sophrologie, la relaxation, l'hypnose, le coaching, la méditation, les arts martiaux, etc. Auteur de plus de 40 ouvrages, dont 20 livres, il anime plusieurs formations sur Agoracadémie et répondra au message que vous allez laisser ci-dessous.

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