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Shiatsu, watsu et do in : définitions

Définition du shiatsu

Le mot shiatsu vient du japonais Shi, doigts, pouce, et Atsu, pression.

Inspiré de la médecine traditionnelle chinoise (MTC), le shiatsu est une méthode japonaise consistant à exercer une pression des doigts le long des méridiens afin de stimuler et rééquilibrer la circulation énergétique du corps.

Il comprend également des techniques d’étirements, d’oscillations et de mobilisations toutes basées sur la confiance du pouvoir auto-guérisseur du corps.

Ces techniques permettent de prévenir et de soulager l’organisme de ses maux et favorisent le dialogue avec l’inconscient pour guider le sujet vers ses besoins non satisfaits (du matériel au spirituel), souvent les causes de ses problèmes.

Bibliographie du shiatsu pour aller plus loin :

  • Shiatsu d’A. Watson aux éditions Könemann.
  • Shiatsu pratique de D. Lamboley aux éditions Marabout.

Définition du watsu

Le mot watsu est tout simplement la contraction de water (qui veut dire eau en anglais) et de shiatsu dont nous venons de parler ci-dessus.

Le watsu est une approche psychocorporelle basée sur le shiatsu et s’effectuant dans l’eau en vue de débloquer des tensions physiques et émotionnelles : libération de peurs comme celle de l’eau par exemple ou préparation à la naissance…

Shiatsu : que dit la science sur ses bienfaits ?

Au-delà de ses principes traditionnels du shiatsu, cette technique intéresse également la recherche scientifique, qui cherche à mieux comprendre ses effets sur le bien-être physique et psychologique.

Ainsi, plusieurs travaux se sont notamment intéressés à son influence sur la douleur, le stress et certains troubles de l’humeur.

Que nous apprennent les recherches disponibles et quels mécanismes pourraient expliquer les effets observés ?

Les effets du shiatsu sur le bien-être physique et psychologique

Une publication scientifique de 2019, parue dans le Journal of Evidence-Based Integrative Medicine, s’intéresse notamment à l’utilisation du shiatsu comme approche complémentaire chez des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer et présentant des symptômes dépressifs.

L’étude pilote évoquée dans cette publication a porté sur 12 personnes présentant une maladie d’Alzheimer à un stade léger à modéré.

Les participants ont été répartis en deux groupes de six personnes, et tous bénéficiaient d’une prise en charge habituelle et d’une activité physique, mais un groupe recevait également une séance hebdomadaire de shiatsu pendant dix mois.

Les chercheurs ont observé une amélioration statistiquement significative des symptômes dépressifs dans le groupe ayant bénéficié du shiatsu en complément de l’activité physique, par rapport au groupe témoin, mais les différences observées concernant les fonctions cognitives et l’état fonctionnel ne permettaient pas de conclure à un bénéfice significatif du shiatsu sur ces paramètres.

Autrement dit, ces résultats sont intéressants, car ils suggèrent que le shiatsu pourrait présenter un intérêt complémentaire pour le bien-être psychologique de certaines personnes âgées, mais ils doivent toutefois être interprétés avec prudence puisque l’effectif était très réduit et que cette étude pilote ne suffit pas à démontrer une efficacité thérapeutique contre la dépression ou la maladie d’Alzheimer.

Autres recherches

D’autres recherches ont également étudié les effets de techniques apparentées au shiatsu, notamment l’acupression, par exemple une revue systématique publiée en 2011 par Robinson et ses collaborateurs a ainsi analysé 80 études portant sur le shiatsu et l’acupression.

Certains travaux rapportaient des effets intéressants sur différentes douleurs, les nausées postopératoires ou encore les troubles du sommeil chez des personnes âgées, mais il est alors important de distinguer ces deux pratiques : même si elles reposent toutes deux sur des pressions exercées sur le corps, les résultats concernant l’acupression ne peuvent pas être automatiquement attribués au shiatsu.

Pour conclure ici, dans l’ensemble les recherches disponibles sont encourageantes pour certaines applications, mais restent insuffisantes pour établir avec certitude l’efficacité clinique du shiatsu.

Comment le shiatsu pourrait-il agir sur l’organisme ?

Pour mieux comprendre les effets potentiels du shiatsu, les chercheurs s’intéressent notamment aux réactions du système nerveux et aux mécanismes physiologiques déclenchés par les stimulations tactiles.

Les pressions exercées sur la peau et les tissus stimulent différents récepteurs sensoriels ; ces derniers transmettent des informations au système nerveux, susceptibles d’influencer les réponses physiologiques de l’organisme.

Cette stimulation pourrait notamment intervenir dans la régulation de la réponse au stress et dans les mécanismes associés à la détente.

Parmi les pistes étudiées figure l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien, un système hormonal qui participe à la réponse de l’organisme face aux situations stressantes : son activité intervient notamment dans la régulation du cortisol, une hormone impliquée dans les réactions physiologiques au stress.

Les chercheurs évoquent également le rôle possible de certains neuromodulateurs et de la plasticité cérébrale, c’est-à-dire la capacité du cerveau à modifier son fonctionnement et ses connexions neuronales.

Ces mécanismes pourraient contribuer à expliquer certaines modifications de l’humeur et du ressenti psychologique observées dans les recherches consacrées aux techniques de stimulation corporelle.

Ceci dit, il convient ici de préciser que ces explications constituent des pistes physiologiques et non des mécanismes définitivement démontrés pour le shiatsu, ce qui signifie que les études disponibles présentent encore des limites importantes, notamment en raison du faible nombre de participants dans certains essais et de la diversité des protocoles utilisés.

Pour résumer, le shiatsu est donc une pratique manuelle intéressante à étudier, notamment pour son approche globale du corps et du bien-être, mais les recherches actuelles invitent à poursuivre les investigations afin de mieux comprendre ses effets réels, les situations dans lesquelles il peut présenter un intérêt et les mécanismes physiologiques qui pourraient être impliqués.

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Définition du do in

Le mot do in (ou do-in) vient du japonais Do, voie philosophique et In, recevoir, accueillir.

Si le mot est japonais, le do in prend sa source en Chine où il est appelé tao-inn.

Cette méthode japonaise d’auto-massage favorise un état de bien-être et de santé par une meilleure circulation de l’énergie en activant certains points situés le long des méridiens.

Illustration du travail sur les méridiens réalisé en do-in.

En plus des techniques manuelles utilisées comme les percussions, les pressions progressives, les frictions, les vibrations, les mobilisations, les étirements, les effleurements à distance, etc., l’attention intérieure pendant l’auto-massage joue un grand rôle.

C’est cette exploration intérieure alliée à l’exploration extérieure qui permet de réunifier les différentes parties du corps et de l’esprit : ma tête + mon corps = MOI.

Le do in peut également être envisagé comme relais entre deux séances de shiatsu.

Cette forme de shiatsu pratiqué sur soi-même permet effectivement d’entretenir et de dynamiser le travail réalisé par le praticien pendant une séance.

Bibliographie du do in pour aller plus loin :

  • Le livre du Do in de M. Kushi aux éditions Guy Trédaniel.
  • Tout sur le Do in de Lorini aux éditions De Vecchi.

Do in : que dit la science sur ses bienfaits ?

Les effets des pratiques corporelles japonaises sur le stress et le bien-être

Si ses principes visent à favoriser la détente et une meilleure perception du corps, les études scientifiques portant spécifiquement sur le do in restent difficiles à identifier.

Il est donc important de ne pas lui attribuer directement les résultats de recherches consacrées à d’autres pratiques, même lorsqu’elles présentent des points communs.

Nous précisons ceci, car certaines publications permettent toutefois d’éclairer les effets possibles de pratiques corporelles japonaises proches.

C’est le cas d’une revue scientifique publiée en 2018, consacrée à la Self-Active Relaxation Therapy (SART), une méthode de relaxation issue de la pratique japonaise du dohsa-hou reposant sur des mouvements guidés (étirements, rotations et relâchements) que la personne réalise elle-même afin de prendre conscience de ses tensions et d’apprendre à les diminuer.

Les auteurs ont recensé 21 publications japonaises sur cette méthode, dont 17 présentant des travaux de recherche ou des applications pratiques.

Plusieurs études rapportent des évolutions favorables concernant le stress, l’humeur, la conscience corporelle ou encore le sentiment de maîtrise de soi, mais les résultats sont à interpréter avec prudence, puisque les travaux présentent des méthodologies variées et certains reposent sur de petits groupes de participants ou des dispositifs expérimentaux limités.

Pour le dire autrement, si cette revue ne porte pas directement sur le do in, elle apporte des éléments de réflexion sur des pratiques corporelles japonaises qui mobilisent le mouvement, la détente et l’attention portée aux sensations.

Autres recherches

Une autre étude publiée en 2010 s’est intéressée à l’anma, une forme traditionnelle de massage japonais : les auteurs évoquent là les liens historiques entre l’anma et les pratiques de do in et d’ankyo.

Les chercheurs ont observé 15 femmes présentant des raideurs musculaires chroniques au niveau de la nuque et des épaules, et chaque participante a bénéficié d’une séance de massage anma de 40 minutes et d’une période de repos de même durée.

Si les résultats indiquent une diminution des raideurs ressenties et du niveau d’anxiété après le massage, ce qui est encourageant, même s’il s’agit d’une étude pilote de faible effectif, donc à prendre avec la prudence qui s’impose ici.

Automassage, mouvements et conscience corporelle : quels mécanismes ?

Comment ces pratiques pourraient-elles contribuer à la détente ?

Plusieurs pistes peuvent être envisagées :

  • les mouvements doux et les étirements sollicitent les muscles et les articulations sans nécessairement imposer un effort intense ;
  • les automassages stimulent les récepteurs sensoriels de la peau et des tissus superficiels ;
  • associées à une respiration calme et à une attention portée aux sensations, ces actions peuvent aider certaines personnes à mieux repérer leurs tensions et à prendre un temps de pause.

La conscience corporelle joue ici un rôle important, car apprendre à identifier une zone crispée, adapter un mouvement et relâcher progressivement une contraction peut favoriser une sensation de détente.

Les travaux sur la SART proposent notamment d’étudier ces pratiques sous l’angle de l’autorégulation, c’est-à-dire de la capacité à reconnaître certains états corporels et émotionnels et à agir pour les moduler.

Ces mécanismes restent cependant des pistes d’explication, ce qui signifie qu’ils ne constituent pas une démonstration scientifique des effets propres au do in, et que des études spécifiquement consacrées à cette méthode, avec davantage de participants et des protocoles rigoureux, seraient nécessaires pour établir ses effets et mieux comprendre dans quelles conditions ils peuvent être observés.

En résumé, le do in s’inscrit dans une tradition de pratiques corporelles associant automassage, mouvement et attention à soi, et les recherches menées sur des méthodes japonaises apparentées apportent des indications intéressantes sur la relaxation et la conscience corporelle, mais elles ne permettent pas, à ce jour, de conclure à une efficacité scientifiquement établie du do in.

Dernière mise à jour de cet article le 02 novembre 2026.

Laurent Bertrel est formateur, coach, thérapeute et le fondateur d'Agoracadémie. Titulaire d'une licence en sciences humaines et sociales, d'une maîtrise et d'un master en psychanalyse, d'un master en études culturelles parcours études de genre, du DU connaissances générales de la personne âgée et d'un DU en psychopathologie de l'enfant et de l'adulte, il est aussi formé à différentes approches dont la PNL, la sophrologie, la relaxation, l'hypnose, le coaching, la méditation, les arts martiaux, etc. Auteur de plus de 40 ouvrages, dont 20 livres, il anime plusieurs formations sur Agoracadémie et répondra au message que vous allez laisser ci-dessous.

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