Dictionnaire en ligne

Graphologie & graphothérapie : comprendre les liens entre écriture et personnalité

Si l’écriture est pour certains le reflet de la personnalité, voire de l’âme, pour d’autres elle est un support utilisé en psychothérapie permettant non seulement de mieux se connaître mais aussi de soigner certains maux en mettant les mots en forme.

Dans cet article de notre dictionnaire en ligne des méthodes thérapeutiques et de développement personnel, nous allons vous présenter la graphologie et la graphothérapie.

La graphologie : définition

Le mot graphologie vient du grec ancien :

  • Graphein : écrire ;
  • Logos : science ou étude.

La graphologie est une méthode d’interprétation de l’écriture manuscrite qui a pour principal objet d’étudier les liens supposés entre les caractéristiques de l’écriture et la personnalité de son auteur.

Elle repose sur l’observation de différents éléments graphiques, tels que :

  • la forme des lettres,
  • leur inclinaison,
  • leur dimension,
  • leur espacement,
  • la pression exercée sur le papier
  • ou encore l’organisation générale du texte sur la page.

La graphologie postule en effet que l’écriture, au-delà de sa fonction de communication, entraîne des mouvements spontanés qui peuvent être révélateurs de certains aspects de la personne qui écrit.

Ces mouvements, en partie automatisés avec l’apprentissage et la pratique de l’écriture, constitueraient une forme d’expression individuelle.

L’analyse graphologique consiste ainsi à observer et à interpréter les différentes composantes de l’écriture afin de rechercher des caractéristiques susceptibles de renseigner sur :

  • le tempérament,
  • les tendances comportementales
  • et même certains traits de personnalité de son auteur.

Ces observations peuvent ensuite être mises en relation pour définir un profil de personnalité plus ou moins précis, classé au sein d’une graphotypologie, c’est-à-dire un système de classification des différents types de personnalité établis selon les critères propres à la méthode graphologique utilisée.

La graphologie constitue donc une approche particulière de l’écriture manuscrite, qui cherche à aller au-delà de son apparence formelle pour s’intéresser à ce qu’elle pourrait révéler de celui ou celle qui l’a produite.

Il est important de préciser que la graphologie repose sur une approche interprétative et que ses conclusions ne constituent pas un diagnostic psychologique ou médical ; elle ne doit donc pas être confondue avec une méthode scientifiquement validée d’évaluation de la personnalité, d’autant plus qu’elle a des limites dont voici un apperçu.

Les limites de la graphologie

Comme toute méthode d’interprétation, la graphologie présente des limites qu’il est important de connaître, surtout si on souhaite utiliser cette méthode ou devenir graphologue.

Si elle cherche à établir des liens entre l’écriture manuscrite et la personnalité, sa fiabilité en tant qu’outil d’évaluation psychologique n’est pas scientifiquement démontrée.

En effet, les études disponibles (voir des exemples ci-après) soulignent notamment la difficulté à établir des correspondances suffisamment fiables entre les caractéristiques graphiques et les traits de personnalité.

Ces limites prennent une importance particulière lorsque la graphologie est utilisée dans un contexte où ses conclusions peuvent avoir des conséquences concrètes sur une personne, ce qui est notamment le cas du recrutement professionnel.

La graphologie est-elle encore utilisée dans le recrutement ?

En France, le recours à la graphologie dans le cadre du recrutement doit respecter les dispositions du Code du travail relatives aux méthodes d’évaluation des candidats.

Celles-ci doivent être pertinentes au regard de l’objectif poursuivi et les informations recueillies doivent présenter un lien direct et nécessaire avec l’emploi proposé ou les aptitudes professionnelles recherchées.

Or, la capacité de la graphologie à évaluer objectivement la personnalité n’ayant pas été scientifiquement démontrée, son utilisation comme outil de sélection des candidats est fortement contestable.

La graphologie n’est toutefois pas interdite en tant que discipline : c’est son utilisation dans un contexte professionnel de recrutement qui doit respecter les exigences légales.

Qu’en pense la science ? La graphologie à l’épreuve des études scientifiques

La graphologie suscite depuis longtemps des débats, notamment sur sa capacité à établir un lien entre l’écriture manuscrite et la personnalité.

Si ses principes reposent sur l’idée que certains mouvements graphiques seraient révélateurs de caractéristiques psychologiques, cette hypothèse a fait l’objet de nombreuses recherches et expérimentations.

Mais que disent réellement les études scientifiques ?

Peut-on démontrer qu’un individu possède certains traits de personnalité simplement en analysant son écriture ?

Plusieurs travaux de recherche se sont penchés sur cette question, en comparant les interprétations graphologiques à des évaluations psychologiques réalisées indépendamment.

Deux publications permettent notamment de mieux comprendre les résultats de ces recherches et les limites de la graphologie en tant qu’outil d’évaluation de la personnalité.

Une étude scientifique sur la graphologie et la personnalité selon le modèle en cinq facteurs

En 2008, Benjamin Thiry publie une étude intitulée « Graphologie et personnalité selon le modèle en cinq facteurs », dans la revue Psychologie française (volume 53, pages 399-410).

Cette recherche s’intéresse à la validité scientifique de la graphologie en comparant les caractéristiques de l’écriture manuscrite aux traits de personnalité définis par le modèle des cinq facteurs (également appelé Big Five).

Ce modèle psychologique distingue cinq grandes dimensions de la personnalité :

  • l’extraversion,
  • l’agréabilité (personne bienveillant, coopérative, conciliante, empathique, à l’écoute, attentionnée, tolérante, compréhensive…),
  • le caractère consciencieux,
  • le névrosisme (ou instabilité émotionnelle)
  • et l’ouverture à l’expérience.

Pour mener cette étude, 145 participants ont été invités à rédiger un texte à partir d’une image, puis à répondre au questionnaire de personnalité NEO PI-R.

Les chercheurs ont ensuite comparé 13 variables graphologiques à 35 caractéristiques de personnalité issues de ce modèle.

Les résultats sont peu concluants pour la graphologie, puisque après contrôle des effets liés à l’échantillonnage, une seule corrélation observée est compatible avec les interprétations graphologiques traditionnelles, tandis qu’une autre les contredit.

Pour le dire autrement, la majorité des résultats ne correspond pas aux associations attendues.

L’auteur conclut à une très faible validité de la graphologie en tant que technique d’évaluation de la personnalité.

Cette étude souligne ainsi la difficulté à établir scientifiquement des correspondances fiables entre les signes de l’écriture et les traits psychologiques d’un individu.

La graphologie à l’épreuve des faits : le regard critique de l’AFIS

Dans un article publié le 12 août 2011, l’Association française pour l’information scientifique (AFIS) propose une analyse critique des fondements et de la validité de la graphologie.

Intitulé « La graphologie à l’épreuve des faits », cet article de Michel Huteau, alors professeur émérite de psychologie au CNAM de Paris, passe en revue plusieurs travaux expérimentaux consacrés aux liens entre écriture et personnalité.

L’auteur distingue notamment deux questions :

  1. Les graphologues sont-ils capables de reconnaître des traits de personnalité à partir d’une écriture ?
  2. Et les caractéristiques graphiques elles-mêmes présentent-elles des relations suffisamment fiables avec des caractéristiques psychologiques ?

Les différentes expériences examinées montrent des résultats globalement très faibles.

En effet, lorsque les graphologues doivent identifier certains traits de personnalité à partir d’échantillons d’écriture dont le contenu est neutralisé, leurs prédictions ne sont guère meilleures que le hasard.

L’article revient également sur les travaux de Benjamin Thiry, qui mettent en évidence l’absence de correspondances significatives et cohérentes entre la plupart des variables graphiques étudiées et les dimensions de la personnalité.

Mais Michel Huteau apporte une nuance intéressante : ces résultats ne permettent pas d’affirmer qu’il n’existe absolument aucun lien entre l’écriture et la personnalité.

Ainsi, certaines caractéristiques de l’écriture ou de l’acte d’écrire pourraient être associées à des aspects particuliers de la personnalité.

Cependant, ces éventuelles relations restent à préciser et ne permettent pas de justifier les interprétations globales proposées par la graphologie traditionnelle.

L’article examine également l’utilisation de la graphologie dans le recrutement professionnel (voir ce point ci-dessus) et souligne le manque de preuves scientifiques permettant de valider sa pertinence pour prédire les aptitudes ou la réussite professionnelle d’un candidat.

Comment devenir graphologue ?

Malgré ce qui vient d’être dit, si ce métier vous intéresse, voici comment devenir graphologue.

Devenir graphologue nécessite de suivre une formation spécifique en graphologie afin d’acquérir les connaissances théoriques et pratiques indispensables à l’analyse de l’écriture manuscrite.

Cet apprentissage se déroule généralement sur plusieurs années, car l’interprétation graphologique demande une bonne maîtrise des différents signes graphiques et de leurs interactions.

Au cours de sa formation, le futur graphologue apprend notamment à observer notamment :

  • les formes des lettres,
  • leur inclinaison,
  • leur dimension,
  • la pression du tracé,
  • les espacements
  • et l’organisation générale de l’écriture.

Il découvre également les différentes approches et méthodes d’analyse utilisées en graphologie, ainsi que les principes de construction d’un profil graphologique.

La pratique occupe une place importante dans cet apprentissage, car l’étude de nombreuses écritures permet progressivement d’affiner son regard, de développer ses capacités d’observation et d’apprendre à ne pas interpréter un signe graphique de manière isolée.

Le métier de graphologue demande donc de la rigueur, de la patience, un bon sens de l’observation et une capacité à prendre du recul.

Bien sûr, comme dans toute pratique interprétative, il est également essentiel de connaître les limites de la discipline et de ne pas confondre une interprétation graphologique avec une évaluation psychologique ou un diagnostic médical.

En d’autres termes, une formation sérieuse constitue une étape essentielle pour toute personne souhaitant exercer la graphologie et proposer des analyses structurées et argumentées, dans la limite de sa discipline donc.


La graphologie postule que l’écriture entraîne des mouvements spontanés révélateurs de soi et que ces informations peuvent permettre de définir de manière plus ou moins précise un type de personnalité classé au sein d’une graphotypologie.

Pour devenir graphologue, il faut suivre une formation spécifique se déroulant généralement sur plusieurs années.

Bibliographie sur la graphologie

Pour en savoir plus sur la graphologie, je vous invite à lire les ouvrages suivants :

  • Cours pratique de graphologie – les révélations de l’écriture d’A. Lecerf aux éditions Dangles.
  • La graphologie – manuel pratique de C. Vanini aux éditions De Vecchi Poche.
  • L’Abc de la graphologie de J. Crepieux-Jamin aux éditions Puf.
  • La graphologie simplifiée et la graphothérapie de R-P. Provost aux éditions Privat.
La graphologie ou l'art d'apprendre à interpréter l'écriture

La graphothérapie : définition

Cette méthode visant à développer une meilleure connaissance de soi est une forme de psychothérapie basée sur des exercices d’écriture manuscrite.

Elle postule que l’écriture est un bon tremplin pour enclencher le processus de communication entre le conscient et l’inconscient.

Par exemple, apprendre à modifier certains signes graphiques d’une écriture semblent influer sur l’inconscient.

Haut vecteur de communication avec soi-même, l’écrit est de plus protecteur, car l’auteur peut rester le seul lecteur.

En sophrologie par exemple, un temps d’écriture après une séance peut aider à renforcer les effets bénéfiques de la séance.

C’est ce que l’on nomme le temps de lecture réalisé normalement avec le sophrologue (voir aussi l’analyse réalisée en sophroanalyse).

Notons ici que l’écriture est également utilisée en art-thérapie où elle peut notamment prendre la forme d’une métaphore ou d’un conte devenant parfois thérapeutique.

Le journal intime intensif (voir Ira Progoff) est aussi un moyen d’utiliser l’écriture pour aller de mieux en mieux.

Alors pourquoi ne pas prendre un petit carnet pour y coucher dès maintenant ce qui vous passe par la tête ?

Vous allez vite vous rendre conte (pardon compte 😉 qu’à ce petit jeu là vous avez tout à gagner…

Exemple de graphothérapie : le journal intime
Écrire pour retrouver le sourire…
Formation graphotherapie : l'écriture thérapeutique
A chacun sa méthode…

Bibliographie sur la graphothérapie

Envie d’aller plus loin et de mieux comprendre ce que la graphothérapie peut faire pour vous ? Voici quelques conseils de lecture :

  • La graphologie simplifiée et la graphothérapie de R-P. Provost aux éditions Privat.
  • Pédagogie de l’écriture et graphothérapie de R. Olivaux aux éditions Masson.

Dernière mise à jour de cet article le 30 octobre 2026.

Formation en ligne pour devenir sophrologue

Formation pour devenir sophrologue

100 % à distance

Formation en ligne pour devenir sophroanalyste

Formation pour devenir sophroanalyste

100 % à distance

Laurent Bertrel est formateur, coach, thérapeute et le fondateur d'Agoracadémie. Titulaire d'une licence en sciences humaines et sociales, d'une maîtrise et d'un master en psychanalyse, d'un master en études culturelles parcours études de genre, du DU connaissances générales de la personne âgée et d'un DU en psychopathologie de l'enfant et de l'adulte, il est aussi formé à différentes approches dont la PNL, la sophrologie, la relaxation, l'hypnose, le coaching, la méditation, les arts martiaux, etc. Auteur de plus de 40 ouvrages, dont 20 livres, il anime plusieurs formations sur Agoracadémie et répondra au message que vous allez laisser ci-dessous.

Laissez un message

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *