Méthode GDS ® : la méthode des chaînes musculaires de Godelieve Denys-Struyf

La Méthode GDS ®, développée par Godelieve Denys-Struyf, propose une lecture globale et structurée de l’être humain à travers le corps, la posture et le mouvement.
À la fois biomécanique et psychocorporelle, elle s’appuie sur l’observation des chaînes musculaires et sur une compréhension fine des liens entre vécu, organisation corporelle et structure ostéo-articulaire.
Cet article présente les fondements de la méthode, le parcours de son auteure, ses spécificités par rapport à d’autres approches, ainsi que les principes de la formation officielle.
Définition et présentation de la méthode GDS
Créée dans les années 1960–1970 par Godelieve Denys-Struyf, kinésithérapeute et ostéopathe née en 1931, la Méthode GDS envisage la mécanique humaine d’une manière individualisée.
D’abord appliquée à la kinésithérapie dans le cadre de déformations et d’algies (douleurs localisées, régionales ou viscérales) du système locomoteur, la méthode postule que le corps est langage et trouve ensuite d’autres champs d’application.
La Méthode GDS repose sur l’idée que la posture, les gestes et l’organisation musculaire reflètent la structuration profonde de l’être humain.
Elle propose trois orientations interactives :
- Diagnostique : lecture du geste, de la posture et des formes du corps.
- Préventive : compréhension psycho-corporelle et gymnastique adaptée.
- Thérapeutique : postures, étirements, massages et travail corporel spécifique.
→ Voir aussi la méthode Mézières.
Les chaînes musculaires et les six pulsions psychocorporelles
L’un des apports fondamentaux de Godelieve Denys-Struyf est la mise en évidence de six pulsions psychocorporelles, qui caractérisent l’être humain et s’expriment à travers six ensembles musculaires distincts, chacun en lien avec une direction de l’espace.
Selon la Méthode GDS :
- nos émotions,
- nos sentiments,
- notre manière d’être,
- et notre vécu
influencent directement notre activité musculaire.
Cette activité façonne progressivement le système ostéo-articulaire, la posture et les gestes.
Le corps devient ainsi un support d’expression et de structuration, et non un simple assemblage mécanique.
Deux aspects indissociables : biomécanique et psychocorporel
L’enseignement de la Méthode GDS repose sur deux aspects inter-reliés :
1. L’aspect biomécanique
Il concerne :
- l’étude des chaînes musculaires,
- l’organisation posturale,
- les contraintes mécaniques,
- et les compensations corporelles.
Cet aspect est principalement destiné aux professionnel·le·s du soin et du mouvement.
2. L’aspect psychocorporel (fondements de la méthode)
Il constitue le socle de la Méthode GDS et s’appuie sur :
- des expériences vécues,
- un travail corporel personnel,
- l’apprentissage de la lecture du langage corporel.
Trois notions clés sont abordées :
- le langage parlé (ce que le corps exprime dans l’instant),
- le langage gravé (ce qui s’inscrit dans la durée),
- et le terrain prédisposant (structure profonde de l’individu).
Cet aspect s’inscrit clairement dans une démarche préventive.
La Vague GDS ® : un fil conducteur structurant
L’enseignement psychocorporel suit le schéma de la Vague GDS, concept central de la méthode.
À partir :
- d’un travail corporel,
- de jeux et de rejeux,
- d’expériences sensori-motrices,
la Vague GDS constitue une trame structurante permettant :
- d’enrichir les fondements humains,
- de restaurer une construction fragilisée par le vécu,
- de renforcer la cohérence corporelle et psychique.
Chaque point s’inscrit dans une chronologie précise, respectant la progression définie par Godelieve Denys-Struyf.
Méthode GDS et méthode Mézières : liens et différences
Il est toujours intéressant de comparer les méthodes.
Notamment pour se permettre de mieux choisir celle que l’on souhaite pratiquer, pour soi ou en tant que praticien·ne.
La Méthode GDS s’inscrit historiquement dans le prolongement des travaux de Françoise Mézières, tout en s’en distinguant nettement.
Les points communs sont :
- vision globale du corps,
- travail sur les chaînes musculaires,
- importance de la posture.
Et les différences majeures sont :
- la Méthode GDS intègre explicitement la dimension psychocorporelle,
- elle ne vise pas uniquement la correction, mais la structuration de l’être,
- elle propose une lecture du corps comme langage vivant.
Pour en savoir plus sur la méthode Mézières, et d’autres méthodes approchantes, découvrez notre dictionnaire en ligne !
5 bonnes raisons de pratiquer ou de se former à la Méthode GDS
Voici 5 bonnes raisons de s’intéresser à la méthode des chaînes musculaires de Godelieve Denys-Struyf :
1. Comprendre le corps comme un langage
La méthode GDS propose une lecture du corps qui dépasse la simple analyse mécanique.
En effet, les gestes, les attitudes posturales et la manière d’occuper l’espace sont considérés comme l’expression d’une organisation profonde de l’individu.
Cette lecture ne vise pas à interpréter ou à expliquer, mais à observer et à comprendre comment le corps raconte une histoire singulière, façonnée par le vécu, l’environnement et les choix d’adaptation.
Cette approche invite à développer un regard plus fin, respectueux et non normatif sur le corps humain, aussi bien dans un cadre thérapeutique que préventif.
2. Relier posture, vécu et organisation musculaire
L’un des apports majeurs de la méthode des chaînes musculaires est de mettre en lien la biomécanique et le psychocorporel sans les opposer.
Les tensions musculaires, les déséquilibres posturaux ou les limitations de mouvement sont envisagés comme le résultat d’une organisation globale, influencée par l’histoire de la personne.
Cette vision permet de dépasser une lecture fragmentée du corps pour comprendre comment posture, vécu émotionnel et organisation musculaire interagissent en permanence, offrant ainsi une approche cohérente et globale de l’être humain.
3. Développer une approche préventive
La méthode GDS accorde une place centrale à la prévention.
En identifiant ce que la méthode nomme le terrain prédisposant, il devient possible d’agir en amont de l’apparition de douleurs ou de troubles fonctionnels.
Cette lecture fine du terrain permet d’accompagner les personnes avant que les déséquilibres ne se cristallisent.
Cela en favorisant des ajustements posturaux, gestuels et corporels plus respectueux de leur organisation profonde.
Cette dimension préventive est particulièrement pertinente.
Surtout dans un contexte où de nombreuses approches interviennent uniquement lorsque la douleur est déjà installée.
4. S’engager dans un véritable travail sur soi
La formation à la méthode des chaînes musculaires, notamment dans son versant psychocorporel, ne se limite pas à l’acquisition de connaissances théoriques ou techniques.
Elle implique un travail expérientiel, fondé sur l’observation de soi, le ressenti corporel et l’exploration de sa propre organisation psychocorporelle.
Cette démarche constitue une véritable étape de développement personnel.
En effet, elle permet d’affiner :
- sa présence corporelle,
- sa capacité d’écoute
- et sa compréhension de ses propres modes de fonctionnement,
avant d’accompagner autrui.
5. S’inscrire dans une méthode rigoureuse et structurée
La méthode GDS se distingue par une structuration claire et progressive.
Chaque point s’inscrit dans une chronologie précise, respectant la progression définie par Godelieve Denys-Struyf, notamment à travers le modèle de la Vague GDS.
Cette organisation garantit un cadre solide, évitant les amalgames ou les interprétations approximatives.
La rigueur de cette progression permet d’intégrer progressivement les fondements théoriques, les aspects biomécaniques et psychocorporels, tout en laissant à chacun le temps nécessaire à l’intégration et à la maturation des apprentissages.

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3 exemples concrets de la méthode GDS et leurs bienfaits
Douleurs chroniques lombaires chez un salarié
Un employé souffrant de tensions lombaires répétitives pourrait apprendre, grâce à la lecture de ses chaînes musculaires, comment ses habitudes posturales au bureau :
- croisement de jambes,
- position du dos,
- tension des épaules, etc.,
contribuent à la douleur.
En combinant étirements ciblés et travail psychocorporel, il peut réduire les tensions et éviter l’apparition de nouvelles douleurs, tout en améliorant sa conscience corporelle au quotidien.
Gestion du stress et des émotions chez une étudiante
Une personne très anxieuse ou stressée peut présenter une posture fermée ou crispée qui renforce son sentiment de stress.
La méthode GDS permet de prendre conscience de ces tensions musculaires liées aux émotions, et de travailler sur elles avec des exercices spécifiques pour retrouver un meilleur équilibre psychocorporel, favorisant ainsi détente, concentration et confiance en soi.
Prévention de troubles musculo-squelettiques pour un professionnel manuel
Un kinésithérapeute, un musicien ou un artisan (ou un auteur tapant toute la journée sur son clavier d’ordinateur comme moi 😉 ) qui effectue des gestes répétitifs peut souffrir de douleurs articulaires ou musculaires (moi, c’est la nuque).
L’apprentissage de la lecture des chaînes musculaires et la pratique de postures correctives GDS permettent de corriger les déséquilibres et d’adopter des mouvements plus fluides et adaptés, prévenant ainsi les blessures et améliorant l’efficacité dans l’activité professionnelle.
Mon avis : un point de vue critique sur la méthode GDS
La richesse et la profondeur de la méthode des chaînes musculaires peuvent aussi constituer l’une de ses principales exigences, que certain·e·s pourraient envisager comme limitantes.
En effet, proposant une lecture globale du corps comme langage, la méthode GDS invite à renoncer aux réponses rapides et standardisées.
Cette approche demande donc du temps, de l’observation et une véritable disponibilité, ce qui peut dérouter des personnes en quête de solutions immédiates ou purement symptomatiques.
Par ailleurs, si la mise en lien entre posture, vécu et organisation musculaire ouvre des perspectives précieuses, elle nécessite une grande prudence.
Le risque serait de vouloir donner trop de sens trop vite, ou d’interpréter le corps de l’autre sans suffisamment de recul.
La méthode GDS insiste d’ailleurs sur ce point :
il ne s’agit pas d’expliquer une personne par sa posture, mais de l’accompagner dans la compréhension de sa propre organisation, à partir de ce qui se manifeste ici et maintenant.
L’approche préventive, centrale dans la méthode, suppose également un engagement actif du sujet.
Lire un terrain prédisposant n’a de sens que si cela s’inscrit dans une démarche d’écoute, d’ajustement et de transformation progressive.
Sans cette implication, la méthode perd une partie de sa portée et risque d’être réduite à une simple grille de lecture corporelle.
Enfin, le caractère structuré et progressif de la formation, s’il garantit un cadre rigoureux, implique aussi d’accepter une certaine discipline.
La chronologie des stages, le travail sur soi et l’intégration lente des concepts peuvent sembler contraignants pour celles et pour ceux habitué·e·s à des formations plus rapides ou plus techniques.
Mais cette exigence fait aussi la singularité de la méthode, puisqu’elle privilégie la construction durable plutôt que l’accumulation de techniques.
Autrement dit
La méthode des chaînes musculaires ne se présente ni comme une réponse universelle, ni comme une solution miracle.
Elle s’adresse avant tout à des personnes prêtes à s’engager dans une démarche globale, respectueuse du corps, du rythme et de la complexité de l’être humain.
Ce qui en fait, de mon point de vue, une méthode très intéressante, à condition de bien intégrer ses limites en amont.
Formation à la Méthode GDS
La formation est notamment proposée par l’ICTGDS – c’est-à-dire l’Institut des Chaînes Musculaires et Articulaires et des Techniques GDS® situé à Bruxelles ; voir ictgds.org – et respecte strictement l’enseignement original de Godelieve Denys-Struyf.
Cette formation explore donc les six pulsions psychocorporelles qui nous caractérisent et qui se traduisent par six ensembles musculaires, en lien avec les six directions de l’espace.
Elle met en évidence l’influence de nos émotions, de nos sentiments et de notre vécu sur notre posture, nos gestes et notre système ostéo-articulaire.
L’enseignement combine deux aspects complémentaires : l’aspect psychocorporel, qui constitue le fondement de la méthode et repose sur le travail sur soi, et l’aspect biomécanique, abordé dans un module spécifique.
La dimension psychocorporelle permet d’apprendre la lecture du langage corporel à travers le langage parlé, le langage gravé et le terrain prédisposant, favorisant une approche préventive et structurante de l’être humain.
Le module psychocorporel est accessible à tous et à toutes et constitue une étape de développement personnel, particulièrement recommandé aux thérapeutes ayant déjà suivi le module biomécanique.
Le fil conducteur de l’enseignement suit la Vague GDS, un schéma qui organise le travail corporel, les jeux et les rejeux pour restaurer et renforcer la structure humaine fragilisée par le vécu.
Chaque stage s’inscrit dans une progression chronologique précise, garantissant une acquisition cohérente des fondements et des applications de la Méthode GDS.
En bref
La méthode des chaînes musculaires de Godelieve Denys-Struyf propose une lecture globale du corps, envisagé comme un véritable langage révélant l’organisation biomécanique, émotionnelle et relationnelle de l’individu.
Fondée sur une approche rigoureuse et progressive, elle relie posture, geste, vécu et terrain prédisposant dans une perspective à la fois préventive, éducative et thérapeutique.
La méthode GDS s’adresse autant aux professionnel·le·s du soin et de l’accompagnement qu’aux personnes engagées dans un travail personnel, à condition d’accepter une démarche exigeante, structurée et respectueuse du rythme de chacun.
Ni technique rapide ni solution universelle, elle invite à une compréhension fine du corps en mouvement, au service de l’équilibre, de l’autonomie et de l’unité de la personne.