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Surconsommation : les solutions pour changer

La surconsommation fait aujourd’hui partie des grands enjeux de notre société.

Acheter toujours plus, renouveler des objets encore utilisables, accumuler des biens ou consommer au-delà de nos besoins réels : ces comportements ont des conséquences importantes sur nos finances, notre santé et notre environnement.

Changer nos habitudes ne signifie pas forcément renoncer à tout.

Il s’agit plutôt d’apprendre à consommer de manière plus consciente, plus réfléchie et plus adaptée à nos véritables besoins.

Définition : qu’est-ce que la surconsommation ?

Exemple physique de surconsommation

La surconsommation est l’action d’acheter et d’utiliser des biens ou des services de manière excessive, au-delà de ce qui est réellement nécessaire.

Elle concerne de nombreux domaines :

  • l’alimentation,
  • les vêtements,
  • les équipements électroniques,
  • les loisirs,
  • les transports,
  • ou encore les produits du quotidien.

Nous pouvons ainsi être tenté·e·s d’acheter davantage parce qu’un produit est en promotion, parce qu’une nouveauté vient de sortir ou simplement parce que la publicité nous donne l’impression que nous en avons besoin.

Les biens périssables illustrent particulièrement bien ce phénomène, puisque acheter des quantités trop importantes de nourriture peut entraîner un gaspillage considérable.

En effet, une partie des produits finit alors à la poubelle avant même d’avoir été consommée :

  • 79 kg par an et par habitant en France, dont 20 kg de nourriture encore consommables…,
  • 88 millions de tonnes de nourriture gaspillés chaque année en Europe.

Pour le dire autrement, les Européens jettent environ 20 % de la nourriture achetée, comme le précise l’article de planetoscope.com sur le gaspillage alimentaire en Europe.

Le problème est que nos besoins réels sont parfois difficiles à distinguer de nos envies.

Or, la société de consommation entretient en permanence le désir de posséder davantage.

Les entreprises cherchent naturellement à répondre à une demande, mais elles peuvent aussi contribuer à la créer par la publicité, les promotions et le renouvellement permanent des produits.

La première étape consiste donc à se poser une question simple avant chaque achat : en ai-je réellement besoin ?

Combien coûte la surconsommation ?

La surconsommation représente tout d’abord un coût financier important, soit environ 143 milliards d’euros en Europe, là encore selon les chiffres présentés sur planetoscope ; et nous n’évoquons ici que le coût de la nourriture…

Acheter régulièrement des produits inutiles ou en quantité excessive peut déséquilibrer un budget.

Certaines personnes vont même jusqu’à s’endetter pour maintenir un niveau de consommation supérieur à leurs moyens.

Consommer davantage ne rend pourtant pas nécessairement plus heureux·se, car si l’achat peut procurer une satisfaction immédiate, celle-ci est souvent temporaire.

Très rapidement, une nouvelle envie apparaît et le cycle recommence, comme dans une addiction.

Apprendre à différencier un besoin réel d’une envie passagère permet donc de mieux maîtriser son budget.

Cela peut également aider à retrouver une certaine liberté : celle de ne pas dépendre en permanence de la prochaine promotion, du dernier produit à la mode ou du regard des autres.

Un impact possible sur la santé

La consommation excessive peut aussi avoir des conséquences sur la santé, notamment lorsqu’elle concerne l’alimentation.

Une alimentation trop abondante ou déséquilibrée peut favoriser différents problèmes, parmi lesquels :

  • l’obésité ;
  • certaines maladies cardio-vasculaires ;
  • le diabète et d’autres troubles métaboliques ;
  • certains cancers, selon de nombreux facteurs liés notamment au mode de vie.

Il ne s’agit évidemment pas de culpabiliser les consommateur·trice·s.

Cela, car les comportements alimentaires et les habitudes de consommation sont influencés par de nombreux éléments :

  • l’environnement social,
  • le niveau d’information,
  • la publicité,
  • le stress
  • ou encore les habitudes familiales.

L’essentiel est de prendre conscience de ses comportements afin de pouvoir, lorsque cela est nécessaire, les faire évoluer progressivement.

Le coût environnemental de la surconsommation

C’est sans doute l’une des conséquences les plus préoccupantes, car chaque produit que nous achetons nécessite généralement :

  • des matières premières,
  • de l’énergie,
  • des transports
  • et des ressources naturelles.

Produire toujours plus implique donc d’extraire toujours davantage.

La surconsommation contribue ainsi à la surexploitation des ressources naturelles et à différentes formes de pollution.

Un objet acheté puis rapidement remplacé a nécessité, parfois pour une utilisation très courte, tout un processus de fabrication et de distribution.

Les déchets constituent également un problème majeur.

Lorsque les produits sont conçus pour être remplacés rapidement ou lorsque nous nous débarrassons d’objets encore fonctionnels, leur durée de vie est artificiellement réduite.

Autrement dit, notre manière de consommer ne concerne pas uniquement notre portefeuille.

Elle a également des conséquences collectives et peut affecter durablement les écosystèmes.

→ Nous pouvons dire que continuer à consommer sans limite revient à scier progressivement la branche sur laquelle nous sommes toutes et tous assis·es.

Que pouvons-nous faire pour limiter la surconsommation ?

Face à l’ampleur du problème, il peut être tentant de penser que nos actions individuelles ne changeront rien.

Pourtant, chaque changement d’habitude peut avoir son importance, notamment lorsqu’il est adopté par un grand nombre de personnes.

L’objectif n’est pas de devenir parfait·e ni de supprimer toute forme de plaisir (voir notre article sur la décroissance conviviale).

Il s’agit plutôt de revenir à une consommation raisonnable, c’est-à-dire réfléchie.

Se poser les bonnes questions avant d’acheter

Avant un achat, prenez quelques instants pour vous interroger :

  • Est-ce un besoin réel ou une envie du moment ?
  • Est-ce que je possède déjà un objet qui remplit la même fonction ?
  • Vais-je réellement utiliser ce produit ?
  • Puis-je attendre quelques jours avant de prendre ma décision ?
  • Existe-t-il une solution d’occasion, de location ou de partage ?

Cette simple réflexion permet souvent d’éviter les achats impulsifs.

Apprendre à vivre avec la frustration

Ne pas acheter immédiatement ce dont nous avons envie peut être difficile.

Nous sommes habitué·e·s à pouvoir satisfaire rapidement de nombreux désirs.

Pourtant, accepter une certaine frustration peut être particulièrement libérateur.

Une envie qui paraît indispensable aujourd’hui peut avoir complètement disparu quelques jours plus tard.

Apprendre à différer un achat est donc une excellente manière de reprendre le contrôle de ses décisions.

Acheter moins, mais mieux

Réduire sa consommation ne signifie pas forcément acheter systématiquement le produit le moins cher.

Un objet de meilleure qualité, plus durable et réparable peut parfois être plus intéressant sur le long terme.

Par conséquent, avant de remplacer un appareil ou un objet, il est également utile de se demander s’il peut être réparé.

L’occasion, le réemploi, l’échange ou la location sont aussi des alternatives intéressantes selon les besoins.

L’idée est de sortir progressivement du réflexe « acheter, utiliser, jeter » pour privilégier une approche plus durable.

Se protéger des achats impulsifs

Les promotions et la publicité jouent souvent sur un sentiment d’urgence : « dernière chance », « offre exceptionnelle », « quantité limitée ».

Pourtant, une réduction ne représente pas une économie si elle nous pousse à acheter quelque chose dont nous n’avons pas besoin.

Faire une liste avant de partir faire ses courses, fixer un budget ou éviter les achats lorsque l’on est fatigué·e ou stressé·e peut aider à mieux maîtriser ses décisions.

Changer durablement ses habitudes

Modifier son rapport à la consommation demande parfois du temps.

Il est inutile de vouloir transformer toutes ses habitudes du jour au lendemain.

Vous pouvez commencer par choisir un domaine précis :

  • réduire le gaspillage alimentaire,
  • acheter moins de vêtements,
  • conserver plus longtemps vos appareils électroniques
  • ou limiter les achats impulsifs.

Chaque progrès compte.

Si vous éprouvez de véritables difficultés à contrôler vos achats, n’hésitez pas à chercher de l’aide.

Des livres, des professionnel·le·s de l’accompagnement (coach ou psy) ou d’autres ressources peuvent permettre de mieux comprendre les mécanismes à l’origine de certains comportements.

Consommer autrement, un choix pour aujourd’hui et demain

Pour nous-mêmes, mais aussi pour les générations futures, il devient essentiel de réfléchir à notre manière de consommer.

La surconsommation n’est pas une fatalité.

Nous pouvons apprendre à faire des choix plus conscients, à distinguer nos besoins de nos envies et à donner davantage de valeur à ce que nous possédons déjà.

Consommer intelligemment, ce n’est pas vivre dans la privation.

C’est choisir avec davantage de discernement.

Acheter moins lorsque cela est possible, éviter le superflu, privilégier ce qui est utile et durable : ces décisions peuvent nous permettre de mieux maîtriser notre budget tout en réduisant notre impact sur l’environnement.

Finalement, la question n’est peut-être pas de savoir comment avoir toujours plus, mais plutôt de réfléchir à ce dont nous avons réellement besoin pour vivre mieux.

La surconsommation, un enjeu aussi climatique

Enfin, difficile aujourd’hui d’évoquer la surconsommation sans penser à son impact sur le climat.

Après l’été que nous venons de traverser, avec ses périodes de très fortes chaleurs, dont quatre canicules en France, et les difficultés qu’elles peuvent engendrer au quotidien, il devient encore plus concret de comprendre que nos modes de vie ont des conséquences.

Produire toujours davantage nécessite des matières premières et de l’énergie, tandis que la fabrication, le transport et la destruction de nombreux produits participent aux émissions de gaz à effet de serre.

Si les prochains étés s’annoncent eux aussi difficiles à vivre, nous avons toutes et tous intérêt à nous interroger sur notre manière de consommer.

Sans penser que nos seuls gestes individuels suffiront à résoudre le problème climatique, choisir de consommer moins, mieux et plus durablement reste une manière concrète de participer au changement.

Bref, pour le dire autrement et en quelques mots seulement : revoir nos habitudes aujourd’hui, c’est aussi contribuer, à notre niveau, à préserver des conditions de vie plus supportables pour demain.

Dernière mise à jour de cet article le 4 septembre 2026.

Laurent Bertrel est formateur, coach, thérapeute et le fondateur d'Agoracadémie. Titulaire d'une licence en sciences humaines et sociales, d'une maîtrise et d'un master en psychanalyse, d'un master en études culturelles parcours études de genre, du DU connaissances générales de la personne âgée et d'un DU en psychopathologie de l'enfant et de l'adulte, il est aussi formé à différentes approches dont la PNL, la sophrologie, la relaxation, l'hypnose, le coaching, la méditation, les arts martiaux, etc. Auteur de plus de 40 ouvrages, dont 20 livres, il anime plusieurs formations sur Agoracadémie et répondra au message que vous allez laisser ci-dessous.

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