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Massage traditionnel thaïlandais : techniques, bienfaits et effets étudiés scientifiquement

Dans la série « Les principales méthodes de massage », nous continuons ici notre voyage avec le massage traditionnel thaïlandais.

Il s’agit d’une méthode traditionnelle et thérapeutique très largement utilisée dans le monde entier et de plus en plus populaires en Europe.

Le massage traditionnel thaïlandais en quelques mots

Le massage traditionnel thaïlandais a plusieurs noms :

  • Massage thaï,
  • Massage-yoga,
  • Nuad bo’rarn,
  • Nuat,
  • ou encore Nuad phaen.

De même que le Shiatsu japonais, le massage traditionnel thaïlandais est une méthode énergétique considérée comme une médecine.

L’origine du massage traditionnel thaïlandais

Née il y a environ 2500 ans après l’arrivée en Thaïlande de médecins et de moines bouddhistes venus de l’Inde, elle s’inspire de diverses autres méthodes dont :

  • le yoga
  • et la méditation.

Elle se compose de trois éléments principaux :

1/ Le premier est un ensemble d’exercices de respiration et d’étirements dynamiques et fluides basés sur des postures de yoga.

2/ Le deuxième est le travail énergétique par massages et pressions (avec ses doigts, ses avant-bras, coudes et pieds).

Ce travail est réalisé sur des régions ou des points précis parcourant les lignes énergétiques du corps nommées « sen ».

On parle dans d’autres méthodes (originaires de Chine et du Japon) de méridiens.

3/ Le troisième est la mise en relation du praticien avec le sujet massé.

Le praticien aborde le massage dans une attitude de méditation.

Ce recueillement est une manière de se centrer c’est-à-dire d’être intuitivement en contact avec l’énergie vitale et les besoins du patient/client.

Exemple d'une masseuse réalisant un massage thaïlandais

Cet ensemble vise à dénouer les tensions musculaires pour :

  • libérer les blocages énergétiques,
  • redonner au corps souplesse et mobilité,
  • favoriser la circulation sanguine et lymphatique,
  • induire un état de bien-être général autant physique que mental et même spirituel.
Suite de l'exemple d'un massage thaï

Note importante ! Il ne faut surtout pas confondre le massage traditionnel thaïlandais avec le « massage thaï » à connotation sexuelle pratiqué dans certains centres de massage très spéciaux…

-> Notre conseil de lecture pour en savoir plus au sujet du massage traditionnel thaïlandais :
Abc des massages traditionnels thaïlandais, de D. Lamboley aux éditions Grancher.

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Massage thaïlandais : que dit la science sur ses effets contre le stress ?

Une étude scientifique publiée le 5 octobre 2015 dans la revue Medical Science Monitor Basic Research s’est intéressée aux effets immédiats du massage thaïlandais traditionnel sur le stress psychologique.

Intitulée Immediate Effects of Traditional Thai Massage on Psychological Stress as Indicated by Salivary Alpha-Amylase Levels in Healthy Persons, cette recherche a été menée par Thanarat Sripongngam et ses collaborateurs, à l’Université Khon Kaen, en Thaïlande.

L’objectif des chercheurs était d’évaluer si une séance de massage thaïlandais traditionnel pouvait réduire le stress psychologique et entraîner des modifications mesurables du fonctionnement du système nerveux autonome.

Pour cela, ils ont notamment étudié le taux d’alpha-amylase salivaire, un marqueur biologique associé à l’activité du système nerveux sympathique et à la réponse au stress.

Une étude contrôlée menée auprès de 29 participants

La recherche a suivi un protocole expérimental randomisé croisé (crossover randomized controlled trial), et trente personnes en bonne santé ont initialement été recrutées.

Une personne ayant abandonné dès le début de l’étude, les résultats portent finalement sur 29 participants : 7 hommes et 22 femmes, âgés en moyenne de 35,17 ans (± 6,35 ans).

Les participants présentaient un niveau de stress léger, évalué à l’aide du questionnaire Suanprung Stress Test-20, avec un score moyen de 21,72 (± 1,41).

Chaque participant a suivi deux protocoles :

  • une séance de massage thaïlandais traditionnel
  • et une période de repos.

L’ordre des deux interventions était attribué aléatoirement et une période de deux semaines séparait les deux expériences.

Avant chaque intervention, les participants réalisaient un exercice de calcul mental de 10 minutes destiné à provoquer un stress psychologique, puis ils recevaient ensuite soit une heure de massage thaïlandais, soit une heure de repos.

Les chercheurs ont effectué des mesures immédiatement après l’exercice de calcul mental, puis après chaque intervention, afin de comparer les évolutions observées.

Le protocole du massage thaïlandais traditionnel

La séance de massage durait une heure et était réalisée dans une pièce maintenue entre 25 et 26 °C.

Les praticiens appliquaient une pression modérée avec les pouces et les paumes des mains, en suivant les lignes énergétiques (méridiens) du corps.

Le massage concernait plusieurs zones :

  • les membres inférieurs,
  • le dos,
  • la nuque,
  • la tête
  • et les membres supérieurs.

Les participants étaient installés successivement sur le dos, sur le côté gauche puis sur le côté droit.

À la fin du massage de chaque partie du corps, des étirements passifs étaient réalisés sur les groupes musculaires correspondants.

En ce qui concerne le groupe témoin, il restait allongé sur un lit pendant une heure, dans une position choisie selon ses préférences.

Des mesures biologiques et physiologiques pour évaluer le stress

Pour mesurer les effets du massage, les chercheurs ont utilisé plusieurs indicateurs complémentaires.

Le premier était le taux d’alpha-amylase salivaire (sAA), une enzyme dont la sécrétion augmente notamment sous l’influence du système nerveux sympathique lors d’une situation de stress.

Son dosage permet donc d’observer certaines réactions physiologiques associées au stress.

Les chercheurs ont également étudié la variabilité de la fréquence cardiaque (VFC), à travers plusieurs paramètres :

  • SDNN : écart-type des intervalles entre deux battements cardiaques normaux.
  • RMSSD : mesure des variations successives des intervalles entre les battements, notamment associées à l’activité parasympathique.
  • HF et LF : composantes de la variabilité cardiaque utilisées pour étudier différentes régulations du système nerveux autonome.
  • Rapport LF/HF : indicateur étudié pour examiner l’équilibre entre les composantes de la variabilité cardiaque.

D’autres paramètres ont été mesurés :

  • la fréquence cardiaque,
  • l’activité et l’équilibre du système nerveux autonome,
  • l’indice de stress,
  • la résistance au stress,
  • le niveau de stress psychologique
  • et l’activité rénine plasmatique (PRA) impliquée dans la régulation de la pression artérielle.
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Une diminution significative de l’alpha-amylase salivaire après le massage

Les résultats montrent une diminution significative du taux d’alpha-amylase salivaire après la séance de massage thaïlandais : plus précisément, ce taux est passé de 5,00 ± 1,95 à 3,69 ± 2,35 KU/L après le massage.

Dans le groupe témoin, aucune diminution comparable n’a été observée après la période de repos.

Surtout, la comparaison entre les deux interventions révèle que seule la variation du taux d’alpha-amylase salivaire présente une différence statistiquement significative entre le massage et le repos (p inférieur à 0,05).

Ce résultat constitue l’un des éléments les plus importants de l’étude, car il suggère que le massage thaïlandais traditionnel peut avoir un effet immédiat sur certains mécanismes physiologiques associés au stress.

Des modifications de la variabilité cardiaque et du système nerveux autonome

Les chercheurs ont également observé plusieurs modifications physiologiques après les interventions.

Dans le groupe ayant reçu le massage, certains paramètres de variabilité cardiaque (SDNN, RMSSD et HF) ainsi que l’activité du système nerveux autonome ont augmenté.

L’indice de stress et le niveau de stress psychologique ont diminué, tandis que la résistance au stress a augmenté.

Ces évolutions sont compatibles avec une activation plus importante du système nerveux parasympathique, généralement associé aux mécanismes de relaxation et de récupération, et une diminution de l’activité sympathique.

Cependant, un point essentiel doit être souligné : ces modifications ont également été observées dans le groupe témoin après une heure de repos.

Les différences entre le massage et le repos n’étaient donc pas statistiquement significatives pour ces paramètres.

Le rapport LF/HF et l’équilibre du système nerveux autonome n’ont, quant à eux, pas montré de modification significative.

Les résultats invitent ainsi à distinguer les changements observés après une séance de massage des effets réellement attribuables au massage par rapport au simple repos.

Une étude prometteuse, mais des effets à long terme encore inconnus

Les auteurs concluent que le massage thaïlandais traditionnel peut contribuer à réduire le stress psychologique à court terme, notamment grâce à la diminution du taux d’alpha-amylase salivaire.

Ils soulignent néanmoins plusieurs limites : l’étude porte sur un petit échantillon de 29 personnes en bonne santé présentant un stress léger ; elle évalue uniquement les effets immédiats d’une séance d’une heure et ne permet pas de déterminer si les bénéfices se maintiennent dans le temps ou s’accumulent après plusieurs séances.

Les chercheurs recommandent donc de poursuivre les travaux afin d’étudier les effets à long terme du massage thaïlandais sur :

  • la variabilité cardiaque,
  • le fonctionnement du système nerveux autonome,
  • le stress psychologique
  • et l’activité rénine plasmatique.

Ils évoquent également la possibilité d’utiliser cette méthode comme approche complémentaire auprès de personnes souffrant de stress chronique, d’anxiété ou de troubles dépressifs, mais précisent que cette perspective nécessite des recherches supplémentaires.

En conclusion, cette étude apporte des éléments scientifiques intéressants sur les effets immédiats du massage thaïlandais traditionnel, puisqu’elle met particulièrement en évidence une diminution du taux d’alpha-amylase salivaire, un marqueur biologique associé au stress.

Mais elle ne permet pas d’affirmer que le massage est plus efficace que le repos sur l’ensemble des paramètres étudiés, ni de garantir des effets durables.

Dernière mise à jour de cet article le 05 novembre 2026.

Laurent Bertrel est formateur, coach, thérapeute et le fondateur d'Agoracadémie. Titulaire d'une licence en sciences humaines et sociales, d'une maîtrise et d'un master en psychanalyse, d'un master en études culturelles parcours études de genre, du DU connaissances générales de la personne âgée et d'un DU en psychopathologie de l'enfant et de l'adulte, il est aussi formé à différentes approches dont la PNL, la sophrologie, la relaxation, l'hypnose, le coaching, la méditation, les arts martiaux, etc. Auteur de plus de 40 ouvrages, dont 20 livres, il anime plusieurs formations sur Agoracadémie et répondra au message que vous allez laisser ci-dessous.

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